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Madame Claudia

Le mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée


Pour écouter :


[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 46-52″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 46-52

Jésus et ses disciples étaient venus à Jéricho. Et tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route.
Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier: «Jésus, fils de David, aie pitié de moi!» Beaucoup de gens l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle: «Fils de David, aie pitié de moi!» Jésus s’arrête et dit: «Appelez-le.»
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit: «Confiance, lève-toi; il t’appelle.» L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Jésus lui dit: «Que veux-tu que je fasse pour toi? – Rabbouni, que je voie.» Et Jésus lui dit: «Va, ta foi t’a sauvé.»
Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route.

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Quelle joie, quelle ambiance dans le village !
Il est revenu, oui, BarTimée, le fils de Timée, vous le connaissez celui qui était aveugle.

Ah, BarTimée, c’est formidable, tu me reconnais, moi, Aaron, ton cousin. Mais bien sur, et aussi ma petite fille, Myriam,
C’est donc vrai, tu vois, tu n’es plus aveugle c’est incroyable, raconte-nous ce qui s’est passé.

Vous savez bien que j’ai perdu la vue il y a quelques années. Une vie de misère, plus de travail, rien d’autre que mendier : « Pitié, ma bonne dame, à votre bon cœur, Monsieur ».
Quelle humiliation pour moi qui aimais tant travailler avec les copains.

A la fin, j’ai abouti à Jéricho.
On m’a dit que c’était une belle ville, prospère, de l’eau pour les cultures et les palmiers. Mais pour un pauvre aveugle, ce n’est pas gai.

Jéricho, mes enfants est sur la route des pèlerins qui montent à Jérusalem. Ceux qui sont passés par le désert de l’autre côté de la rivière, le Jourdain, pour éviter de se faire insulter en passant par la Samarie.
Ça fait du monde, mais ça attire aussi tous les éclopés de la terre. Une vraie concurrence, mendier au milieu de cette foule, ce n’est pas rentable. Et les gens de la ville ont d’autres chats à fouetter, donc pas le temps de s’occuper d’un aveugle.

Heureusement, un ami m’a donné un conseil : va plutôt à la sortie de la ville.

Pas bête du tout, c’est un endroit stratégique. Les pèlerins sont mieux disposés. Vous comprenez, quand ils arrivent dans cette belle ville, avec toutes les tentations qu’elle offre, ils ont d’abord envie de s’y reposer un peu et s’ils ont encore quelques pièces à dépenser, c’est pour s’offrir quelques belles dattes ou une bonne coupe de vin, pas pour aider un pauvre aveugle…

En revanche, lorsqu’ils quittent la ville, ils se préparent à la rencontre avec Dieu qu’ils rencontreront lorsqu’ils seront à Jérusalem pendant les fêtes de Pâques, ils ne veulent pas se mettre en mauvais termes avec Lui, du coup, ils sont plus généreux.

S’il te plaît, BarTimée, ce n’est pas ta stratégie de mendiant qui nous intéresse, mais dis-nous plutôt comment c’est arrivé, ta guérison.

Patience, j’y arrive.

J’étais assis un jour au bord du chemin, enveloppé dans mon manteau. C’est tout ce qui me restait, et il faisait frisquets ce matin-là. Je tends l’oreille pour deviner si du monde arrive…

Du monde, oui, parlons-en, c’était une foule qui parlait qui chantait…
Qu’est-ce qui se passe ?
D’habitude les pèlerins sont plutôt silencieux, ils économisent leurs forces pour la route qui n’est pas commode.
D’après ce qu’on m’a dit, ça grimpe dur, sur les trente kilomètres, il y a bien 500 mètres de dénivellation.

Moi, je crie tant que je peux : Oh, là, oh là, messieurs, dîtes-moi un peu ce qui se passe. Pourquoi toute cette foule ?

Mon pauvre ami, dommage pour toi, tu ne pourras pas le voir. C’est Jésus de Nazareth, il monte à Jérusalem et nous allons avec lui. Il aura besoin d’être aidé là-bas, il y en a qui l’attendent pour s’en débarrasser.

Jésus de Nazareth mais j’ai déjà entendu ce nom-là. Ma parole, si c’est lui, quelle chance !

Alors je crie encore plus fort : « Jésus de Nazareth, fils de David, aie pitié de moi ! »

Pourquoi « fils de David ? » Tu crois que David est un de ses ancêtres ?

J’ai entendu parler de ça. Mais je me suis dit :
Si jamais ce Jésus est le Messie, celui que les prophètes ont annoncé, certainement qu’il va nous libérer des Romains, ce sera un chef, un guerrier comme David. Tu sais quand on a l’habitude de mendier on essaie de se faire bien voir, de flatter un peu les gens.

Il y a une autre raison, qui me touche moi, le pauvre aveugle. C’est des copains à moi qui me l’ont dit : fais une prière au roi Salomon, le fils de David, lui, il peut te guérir.
Il y a un tas de gens qui lui demandent son aide. Il paraît qu’en son temps c’était un sage, un guérisseur.

En tous cas, ça a marché.
Les gens me disaient, veux-tu te taire, tu vois bien que le maitre n’a pas le temps, il doit aller à Jérusalem.
Mais lui, s’arrête, je l’entends qui dit : appelez-le.
Au moins, il ne pensait pas comme les autres… Pour eux, je n’étais rien, mais pour lui, j’avais du prix à ses yeux, il ne m’a pas envoyé promener.

Du coup, les voilà qui me secouent : courage, lève-toi, il t’appelle !

Alors là, je n’ai pas hésité un moment, j’ai bondi, même mon manteau, je l’ai laissé tomber.
Pierre, c’était comme le chef de l’équipe, m’a dit après : toi, tu n’es pas comme ce jeune homme de l’autre jour qui voulait venir avec nous, mais ses richesses l’ont comme ligoté. Il est reparti tout triste.

Je m’approche, ou plutôt, on m’approche de Jésus.
Je m’attendais à ce qu’il me dise : viens ici, je vais te faire des onctions, des gestes sur tes yeux, comme les guérisseurs
Rien de tout cela ! Seulement une question : que veux-tu que je fasse pour toi ? J’allais lui répondre, enfin, tu ne le vois pas que je suis aveugle ? Fais-moi voir.

Ah mes enfants, j’étais comme paralysé, subjugué, émerveillé. Bêtement je lui ai répondu : « Rabbouni, fais que je voie ! »

Tiens, tu ne lui as plus dit « fils de David » ?
Bien sûr que non, au son de sa voix, j’ai senti tout de suite toute la bonté de cet homme.
Une bonté, une douceur qui me rentrait dans tout le corps, avec une envie de rester avec lui.
« Rabbouni » Au rabbin dans la synagogue, je lui dis, Rabin, en m’inclinant. Mais ici je ne savais plus bien comment l’appeler : mon cher maitre, mon petit maitre, mon bon maître, « Rabbouni »

Jésus me dit encore : « va ta foi t’a sauvé »
C’est tout ? Nos guérisseurs font un tas de simagrées, de gestes, des paroles magiques.

Je vous assure, rien d’autre, il n’a dit qu’un mot comme quelqu’un qui commandait à la maladie sans effort.
Tout de suite, j’ai vu comme je vous voie maintenant.

Et qu’est-ce que tu as fait ensuite ?

Que voulez-vous que je fasse. J’en avais assez du mépris des gens : sale aveugle, tu dois avoir fait un grand péché pour être ainsi. Ou bien : laisse-nous passer, ne nous embête pas.

Lui, il n’est pas comme les autres. Je vous le dis mes amis, je crois en lui, je marche avec lui, je reste avec lui. C’est des hommes comme lui qu’il nous faut :
Il m’a dit « ta foi t’a sauvé »

C’est vrai, je crois en toi, tu n’es pas comme les autres, je marche avec toi, jusque Jérusalem.

J’ai été très touché lorsque Pierre est venu me voir et m’a dit : merci BarTimée, tu vois, jusqu’ici j’étais plutôt comme l’aveugle que Jésus a guéri à Bethsaide. Il lui avait ouvert les yeux péniblement, par étapes.
Moi aussi, j’avais du mal ouvrir les yeux, à croire vraiment, en lui. Maintenant mes yeux se sont ouverts tout grands. Et je vais faire comme toi, je vais le suivre jusqu’au bout. Du moins, c’est ce que je vais essayer de faire.

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Madame Claudia

Ils ont tué Pierre


Pour écouter :


Ma chère Flavia,

Cette lettre que t’apporte mon serviteur Justinus te dira combien mes sentiments sont partagés entre la tristesse et la joie.

Tu sais en effet que depuis quelques mois je me rends à l’assemblée de ceux qu’on appelle chrétiens et cela t’étonne encore.

Tu as raison, car les premières rencontres ont été assez difficiles pour moi dans des communautés où se côtoyaient toutes sortes de personnes, des juifs et des romains, des esclaves comme ceux que je vois à la maison tous les jours.

J’ai même failli tout abandonner aux ides de mars quand est arrivé de Palestine un des premiers disciples de Jésus.

Je m’imaginais ce Pierre comme un homme prestigieux, à la manière de mon époux le Sénateur. Mais non, c’est un homme humble, pas très bien habillé et avec des mains endurcies par la pêche.

Je me suis permis un jour de lui donner un conseil :
« Pierre, tu ne devrais pas raconter partout ce que tu as fait le jour où Jésus a été arrêté
Ce n’est pas bon pour les nouveaux arrivés d’apprendre que leur responsable avait calé devant une servante »

– C’est pourtant vrai. Ce jour-là j’étais prêt à me battre avec mon épée mais l’attitude de Jésus qui ne se défendait pas m’a retourné complètement. Quand cette petite m’a dit trois fois « Toi aussi tu es avec eux » Trois fois j’ai répondu : non, je ne le connais pas.

Mais, vois-tu si j’ai la force ou l’audace, comme tu dis, de présider notre assemblée, c’est à cause des paroles de Jésus quelques jours après l’avoir revu vivant.

Il aurait pu me faire des reproches. Non, simplement : « Pierre, m’aimes-tu ? » Trois fois. J’ai répondu « oui, Seigneur »
La troisième fois, j’ai craqué : « oui Seigneur, tu le sais, je t’aime. »

Et cette parole stupéfiante à un renégat comme moi : Pierre, prends soin de mes brebis.
Claudia, comprends-tu pourquoi je n’ai pas abandonné ?

Oui, j’admire comment cette façon d’aimer peut transformer une personne. Nous l’avons encore vu plus tard… Quand notre empereur Néron pris d’une folie meurtrière a fait brûler des milliers de nos frères chrétiens. Nous avons dit à Pierre, moi la première : « vite, sors de la ville cache-toi »

Il est parti de nuit avec quelques amis, mais il est revenu le matin même.

« Pourquoi ? Tu n’es pas raisonnable ! »

« Sur la via Appia j’ai ressenti comme une voix : « Pierre, quo vadis, pierre où vas-tu ? Prends soin de mes brebis. »
Oui, je reste pour vous dire et redire au sein de nos épreuves : aimons-nous les uns les autres, comme Il nous a aimés.

Pierre est resté. Pierre n’est plus.  Ce jour-là  j’ai demandé le baptême.

Chère Flavia, Moi, ta sœur Claudia, j’ai hâte de te revoir pour te redire l’immensité de ma peine. Et aussi le bonheur qui remplit désormais mon cœur.

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Madame Claudia

L’aveugle de Bethsaïde


Pour écouter :


[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 22-26″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 22-26

Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait: «Est-ce que tu vois quelque chose?» Ayant ouvert les yeux, l’homme disait: «Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres, et ils marchent.»
Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l’homme; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya chez lui en disant: «Ne rentre même pas dans le village.»

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Tu en as de la chance, Pierre, toi, tu as connu Jésus directement, tu as parlé avec lui; tu as vu tout de suite qu’il était le Sauveur, le Messie, le Fils de Dieu. Mais pour nous, c’est plus difficile de croire en lui.

Ne croyez pas cela, mes enfants, si vous saviez le temps que j’ai mis pour comprendre

C’est vrai, j’étais souvent avec lui, j’ai vu  ce qu’il faisait  mais j’étais comme aveugle, je restais bouche bée en me disant: formidable, quel miracle, quel exploit, je passais complètement à coté.

Tu exagères, Pierre, quand Jésus guérissait quelqu’un, tu voyais bien qu’il avait un pouvoir pas ordinaire.  par exemple , quand il guérissait un aveugle.

Vous me parlez d’aveugle. Je vais vous donner un exemple. Nous étions un jour à Bethsaide, près du lac. Des gens arrivent en conduisant un aveugle. « Jésus, vois comme il est malheureux, nous te supplions, guéris-le ».

Jésus prend ce pauvre homme par la main, l’entraîne plus loin, en dehors de la foule. A ce moment, il fait une série de gestes que nous avons eu du mal à comprendre. Ecoutez bien. D’habitude, il demande: que veux-tu ? Et l’aveugle répond. Seigneur, que je voie. Cette fois-ci rien de tel. Jésus  crache,  fait de la boue, la met sur les yeux de l’homme, lui impose les mains et lui demande  : que vois-tu ?

Bizarre, non ? Moi, Pierre, franchement, je me demandais ce que cela voulait dire . Pourquoi lui demander que vois-tu ? Pourquoi ne pas le guérir d’un seul coup? l’homme lui répond : j’aperçois des hommes, comme des arbres qui marchent.

Étonnant, vraiment. Du coup, Jésus lui impose les mains une deuxième fois, comme s’il avait raté son coup la première fois;

Nous, mon frère André et Jacques et Jean, on se disait : Jésus, qu’est-ce qu’il a derrière la tête ? Bien souvent , il fait des gestes pour nous dire quelque chose. Mais ce jour là, nous n’avons rien compris.

A la fin, l’homme a retrouvé la vue complètement. Puis, Jésus l’a renvoyé dans sa maison.

Et nous sommes restés baba, bêtement. Inquiets aussi : est-ce que Jésus n’avait plus la force pour guérir ? Pourquoi avait-il tant de mal pour aider un malheureux ?

Je suppose que tu as quand même compris le message.?

Oh, c’était assez simple, l’aveugle que Jésus voulait guérir c’était nous. Çà faisait des mois qu’il essayait de nous ouvrir les yeux, de nous montrer que le plus important n’est pas de dominer les autres, mais de les aider, mais rien à faire, nous étions comme bornés, myopes. Il en a eu du mal pour nous aider à changer. Il a du s’y reprendre je ne sais combien de fois.

Tenez, Quelques jours avant, il nous avait attrapés vivement. Je ne sais plus qui avait dit :

Zut, nous avons oublié d’emporter du pain. Qu’est-ce que nous allons faire ?

La réponse a été sèche. Vous ne vous rappelez donc pas que dans le désert j’ai donné du pain à manger à toute une foule ? Vous ne comprenez donc pas encore ?

Vous saisissez pourquoi je vous dis  : l’aveugle, c’était nous, bornés, fermés,

Ce n’était pas la peine de travailler avec lui, de voir tout ce qu’il faisait pour les malades, les désespérés, et de rester là sans rien voir. Oui, sans rien voir, avec nos yeux de quatre sous, alors qu’il nous aurait fallu bien les ouvrir, regarder, voir tout l’amour qui passait par ses mains. Rien, nous n’avons rien vu. Ou plutôt nous avons aperçu des choses importantes, mais à moitié, comme ce pauvre homme qui prenait les hommes pour des arbres qui marchent.

C’était pareil : ses gestes de pure bonté, nous les avons pris pour des preuves de force

Et la deuxième imposition des mains , qu’est-ce qu’elle voulait dire ?

Je vous le répète : Jésus a du s’y reprendre à deux fois, pour nous ouvrir les yeux.

Je vous ai déjà raconté : entre nous, il y avait des jalousies: qui va être le plus grand, quel poste allons-nous avoir dans le royaume…alors que des yeux bien ouverts auraient du comprendre qu’il fallait servir et non pas être servi.

Maintenant, Pierre, tu n’es plus aveugle, au contraire !

En tous cas, ce n’est pas de ma faute. Le jour où il a été arrêté, je croyais en lui, je l’ai même suivi jusqu’au tribunal, mais là, j’ai calé. Je me suis dit -toujours avec des yeux à demi fermés- non ce n’est pas possible, qu’un homme comme lui se laisse faire, il devrait écraser ces voyous.

C’est après qu’il m’a comme imposé les mains une deuxième fois, quand il m’a demandé: Pierre m’aimes tu ? C’est ce jour-là que mes yeux se sont vraiment ouverts.

Merci, Pierre, de nous avoir raconté cela.

Oh, ne me dîtes pas merci. Je vous demande seulement une chose; ne désespérez jamais. Le jour où vous avez du mal à croire, patientez, nous sommes tous pareils. Ce n’est pas facile de suivre un homme comme lui quand il nous demande, mettez-vous au service de ceux qui souffrent, de ceux qui n’y voient plus clair. Et vous verrez, oui, vous verrez quel bonheur on reçoit  comme l’aveugle, qui découvre à la fin les merveilles du monde.

 

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Madame Claudia

Je n’ai ni or ni argent


Pour écouter :


Actes des Apôtres, 3,6 : Pierre lui dit : « je n’ai ni or ni argent mais ce que j’ai ,je te le donne : au nom de Jésus Christ, le Nazaréen, levé-toi et marche »

Madame Claudia, vous nous avez dit l’autre jour que le pape François reprenait des expressions de saint Pierre. Qu’avez-vous voulu dire ?

Oui, quand le pape François est arrivé au Brésil pour les JMJ, il a déclaré : « Je n’ai ni or ni argent, mais ce que j ‘ai reçu je vous l ‘apporte »

Ce sont bien des mots de Pierre.

Allons à Jérusalem, tout près du grand temple. Près de la porte, celle qu’on appelle la Belle Porte, il y a des mendiants, encore plus qu’aux portes de nos églises aujourd’hui, parce que, en ce temps-là, il n’y a pas de sécurité sociale.

Parmi eux un homme handicapé qu’on apportait tous les jours. C’était pour lui un moyen de gagner un peu sa vie.

L’homme est donc là, il voit Pierre et Jean qui arrivent.

Ces gars-là n’ont pas l’air mauvais, certainement qu’ils vont me donner une petite pièce.

Il tend la main comme d’habitude.

J’avais raison, souvent les gens passent sans même me regarder, mais ces deux hommes-là s’arrêtent, ils me regardent.

Le plus âgé me dit : « Regarde-nous ! » Je les regarde, bien sûr. Ah, ils vont sûrement me donner quelque chose.

Mais au lieu de me dire : « Mon brave, voici de quoi manger »

Ils me disent : « De l’argent ou de l’or, je n’en ai pas »

Alors, là, c’est bien ma veine. Encore deux qui essaient se défiler. Ils auraient mieux fait de passer tout de suite comme les autres.

Pierre continue « Ce que j’ai, je te le donne »

Ah, qu’est-ce qu’il va me donner ?

« Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche »

L’homme ne comprend rien, mais Pierre lui prend la main et le relève. Incroyable !

L’homme sent que ses pieds et ses chevilles se raffermissent.

Il n’en revient pas, il bondit, il marche. Il entre dans le temple, il gambade et loue Dieu. Voyez, Dieu m’a guéri, vous me reconnaissez.

Les gens sont stupéfaits, ils l’entourent, mais c’est bien lui, c’est le boiteux qui mendiait tous les jours.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Ils regardent avec crainte. Jamais on n’a vu de pareilles choses.

Ils regardent Pierre et Jean : qui sont ces gens qui ont guéri le boiteux ?

Ce sont des hommes tout à fait ordinaires, avec des mains de travailleurs.
Certains demandent : « Comment ont-ils fait ? »

Il paraît qu’ils ont dit : « Au nom de Jésus-Christ »

Jésus-Christ ?

Ce n’est pas celui que les chefs ont mis à mort sur une croix, il n’y a pas longtemps ?

Mais oui, ce Pierre, je l’ai entendu dire que Jésus était vivant. C’est incroyable !

Le plus fort est que ce Pierre soutient mordicus qu’il dit vrai. Il répète sans cesse : « Nous en sommes témoins »

Dans la foule, quelques-uns doutent : « Témoins en paroles, c’est facile »

D’autres répondent : « Le témoignage de ce Pierre est vrai. Ce ne sont pas des mots uniquement, mais des actes! »

Comment cela ?

Mais oui, quand il parle, il raconte que Jésus n’arrêtait pas de guérir les malheureux, il était la bonté même, il donnait la vie là où tout paraissait mort, il raconte aussi que la Vie a été plus forte que la mort et qu’il est Vivant.

Et maintenant, voilà que Pierre à son tour, se met à faire la même chose, à redonner la vie à ce mendiant.

Et nous, que pouvons-nous faire pour aider les boiteux d’aujourd’hui ?

 

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Madame Claudia

Au milieu de la Tempête…


Pour écouter :


Bonjour. Excusez-moi, je suis un peu essoufflée, je reviens de Rome. J’ai eu l’impression de me retrouver deux mille ans en arrière, au temps de Pierre.

Ce que j’ai vu à Rome ? Le pape François, bien sûr !

Quel courage, quelle foi ! À sa place, j’aurai peur.

S’attaquer comme il le fait à la corruption, même au Vatican. S’affronter à Naples à la mafia, crier contre l’indifférence mondialisée, dénoncer la misère et les inégalités partout dans le monde. C’est comme si il se jetait au beau milieu d’une tempête.

Pourquoi je vous dis que c’est comme au temps de Saint-Pierre ?

C’est que je me rappelle ce que racontait Claudia. Vous vous souvenez cette dame qui avait bien connu Saint-Pierre.

Voici ce qu’elle nous disait :

Un jour, Pierre était dans une barque avec les autres. Il s’y connaît en tempête. Et ce jour-là, il a bien cru qu’ils allaient tous y passer.

Les vagues, nous disait-il, se jetaient sur la barque, elle se remplissait d’eau.

Et pendant ce temps-là, Jésus dormait sur un coussin. Incroyable, il nous laissait tomber…

Effrayé, Pierre se met à crier : « Maitre, cela ne te fait rien ? Nous sommes perdus ! C’est alors… Écoutez bien… Que Jésus se réveille, il se lève, avec vivacité, il dit à la mer : « Silence, tais-toi » Le calme !

Oui, le calme est revenu d’un seul coup. On s’est regardé comme des idiots. De mémoire de marin, on n’avait jamais vu ça.

Lui, nous regarde : « Pourquoi avez-vous peur ? Vous n’avez pas la foi ? »

On est resté abasourdi, mais ca nous est resté dans la tête : « N’ayez pas peur »

Voilà ce qui est arrivé à Pierre

Voilà, à mon avis, ce qui arrive au pape François. Il est là, au milieu des tempêtes, il y aurait de quoi avoir peur évidemment.

Il entend la voix du Seigneur : « Pourquoi as-tu peur, François ? As-tu la foi ? »

C’est ce que j’ai vu à Rome et je vous conseille de méditer ces paroles : Pourquoi avez-vous peur ? Avez-vous la Foi ?

 

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Madame Claudia

Une graine sensationnelle


Pour écouter :


Bonjour, c’est encore moi, Claudia, disciple de celui que vous appelez Pierre.

Qu’est-ce que vous avez aujourd’hui? Vous paraissez moroses, tristes, découragés.

Ah, je m’en doute, ce sont les nouvelles de ce matin à la radio, les catastrophes, les émigrés qui se noient dans la mer, tant de méchanceté partout.

Pourtant, je vous redis, courage, tenez bon, gardez l’espoir.

Tenez, je vous raconte une petite parabole, qui me vient de Pierre et donc de Jésus.

Eux aussi, ils avaient de quoi être découragés. Ils se regardaient en disant :

Ce n’est pas avec nous qu’il va changer le monde, nous ne sommes que douze et pas très malins ni très courageux.

Voici ce qu’il nous a dit :

Regardez cet homme, là-bas dans son champ. Ce qu’il fait ne vous parait pas ridicule? Qu’est-ce qu’il a dans la main ? Des graines toutes petites, et il les jette dans la terre où elles pourriront. Ça n’a pas de sens.

Et bien, c’est la même chose pour nous. Nous sommes petits, ridicules, pourtant vous la verrez cette graine, elle va sortir un jour, grandir, et dans quelques mois, vous prendrez la faucille pour couper les épis.

Tenez, voici une autre comparaison :

Vous êtes comme une graine de moutarde, c’est franchement minuscule. Moi, Pierre et 1es autres nous nous sommes mis à rire. C’est vrai, devant les pharisiens et les savants, nous ne sommes rien.

Jésus nous a dit, ne riez pas, vous verrez comment cette graine va grandir, elle va dépasser les orties et les ronces, et finalement vous ne pouvez pas imaginer tous les fruits qu’elle va porter.

Maintenant vous le voyez bien, ici à Rome et dans tout l’empire, on ne peut déjà plus compter le nombre de ceux qui suivent Jésus.

Allons, ne vous laissez pas décourager. Il y a des moments où vous vous sentirez minuscules comme une petite graine, mais attendez, continuez à semer, à soigner les graines. Avec Dieu qui est le grand Semeur, vous verrez tous les fruits qui vous attendent.

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Madame Claudia

Ma première question à Pierre


Pour écouter :


Ce qui suit est tiré d’un document unique : « Souvenir de Saint-Pierre par madame Claudia », contemporaine à Rome du grand apôtre

Certains disent que ce document est un faux, c’est probable.

Mais ça permet de mieux comprendre l’évangile.

Permettez-moi de vous livrer un souvenir personnel. Vous savez que je suis Mme Claudia, que j’ai bien connu celui que vous appelez Saint Pierre.

Un jour, je lui demandais :

« Pourquoi êtes-vous venu jusqu’ici, à Rome, vous un petit pêcheur du lac de Tibériade. Vous qui n’étiez jamais sorti de chez vous. Vous voici en plein milieu de la mégapole de Rome, Pourquoi ? »

Écoutez la réponse qu’il m’a faite :

Vous avez raison Claudia, jamais je n’aurais pensé me retrouver ici.

Mais ce jour-là, c’était le jour de Pâques, quelle secousse pour moi. Il était là devant nous, bien vivant. Je parle de Jésus bien sûr.

Imaginez, j’étais tout chamboulé, après l’avoir vu maltraité, mourant sur une croix d’esclave, enfermé dans un tombeau. Et puis d’un seul coup, des femmes nous crient : «le tombeau est vide». Je ne pouvais pas le croire et pourtant…j’ai mangé avec lui.

Quelle joie, quelle paix! J’aurais voulu qu’il reste longtemps avec nous, mais il est reparti.

Oui, ça a été dur de le voir repartir vers son Père, de nous laisser seuls, je ne me sentais pas fier du tout, moi qui l’avais renié devant une servante.

Il nous a dit : Allez donc ! Aller, mais où ? Et comment ? Et sans Lui ? Impossible ! J’avais plutôt envie de retourner pécher des poissons.

« Allez, faites de toutes nations des disciples »

Vous vous rendez compte : moi, chargé de dire au soldat qui l’avait tué :

Ton épée ne sert de rien, tu ferais mieux de devenir disciple comme nous, d’aimer tout le monde.

II va me rire au nez. Aller dire aux grands philosophes de Grèce : soyez ses disciples, votre philosophie n’est rien du tout à côté de ce qu’il nous a dit.
Allez dire aux grands riches de Rome ou d’Athènes : aimez-vous les uns les autres, libérez vos esclaves.

Tu comprends, Claudia, pourquoi je suis venu jusqu’à Rome, pourquoi je suis sorti de mon trou, moi le petit Juif, pour dire à tout le monde : « Gardez les commandements de Jésus »

Il nous a commandés, non pas de dominer le monde par les armes, mais de nous aimer les uns les autres.

Tu as raison : ça n’a pas été facile pour moi de tout laisser dans mon pays, mais de plus en plus, je me rends compte que ce monde a bien besoin de changer.

 

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Madame Claudia

Fais ce qu’il te dit, il est puissant


Pour écouter :


Un homme demandait un jour à Pierre: Maintenant que tu es à Rome, pourquoi tu n’en profites pas pour te mettre bien avec les gens puissants, ceux qui pourraient te rendre service, et même te protéger en cas de persécution? Tu le sais, Pierre, quand on est un pot de terre, on a intérêt à se mettre en bons termes avec le pot de fer.

Pierre n’a pas répondu, il a simplement raconté ce qui est arrivé à Jésus, le jour où il a fait deux guérisons coup sur coup.

La première, c’était la guérison d’une petite fille quasi-mourante. Fille d’un homme puissant, comme tu dis. Chef de synagogue, appelé Jaire.

Il y avait là une foule d’amis, de curieux, de journalistes qui cherchaient le scoop de l’année. Jésus s’en va chez eux… Quand il arrive, la petite est déjà morte. Il entre, prend la fillette par la main et la relève… À ta place, qu’est-ce que tu aurais fait ? Tu en aurais profité : quelle occasion de te mettre bien avec un puissant, n’est-ce pas, de bien lui montrer qui il est, avec un petit mot bien placé « souviens-toi de ce que j’ai fait pour toi, mon cher Jaire ».

Eh bien, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Pas de pub, pas de calcul intéressé chez Jésus.

Qu’est-ce qui le pousse à agir? Le désir de se faire un ami puissant ? Non, uniquement de la compassion, l’émotion de voir le désarroi de cet homme.

Il fait même taire la foule. Il ne cherche pas le succès, uniquement le bien de ceux qui souffrent. Pierre ajoute un petit détail amusant : alors que tous s’exclament, applaudissent, Jésus se contente de dire : donnez à manger à la petite, vous ne voyez pas qu’elle a faim?

Attends une minute, dit Pierre, je n’ai pas fini. Pendant que la foule se presse autour du guérisseur, voici qu’une femme s’approche par-derrière, toute timide, elle se dit : Si j’arrive à toucher la frange de son vêtement, sûrement que je serai guérie. Voilà 12 ans que les médecins me soignent, mais j’en suis toujours au même point.
Elle s’approche en catimini, elle touche le vêtement, elle est guérie !
Ici, pas de personnage puissant, une pauvre femme désemparée. Personne ne voit rien, pas même, Jésus. Dans le silence, dans l’anonymat, la femme est guérie.

Alors, dis-moi, demande Pierre, est-ce que Jésus a fait cela pour se faire une bonne pub, pour flatter les chefs et les hauts placés?

Je vous le dis et répète, tout cela, c’est de la pure bonté, c’est la souffrance des autres qui le remue au plus profond de lui-même, comme si sa compassion sortait de lui-même tout naturellement.

Vous comprenez maintenant, cher monsieur, pourquoi moi, Pierre, j’essaie de faire de même, je ne cherche pas à flatter Néron ou les amis de l’empereur, tout ce que je dois faire, c’est pour ceux qui souffrent qu’ils vivent dans un grand palais ou dans la masure du pauvre.

Voilà ce que Pierre me disait : Souhaitons que tous ceux qui le suivent en fassent autant.

Merci, Claudia, pour ce rappel, il y a tant de gens qui cherchent avant tout à se faire valoir au lieu de penser aux autres.

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Madame Claudia

Le dernier repas


Pour écouter :


[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 26-29″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 26-29

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,
car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.
Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. »

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Bonjour. C’est encore moi, Claudia.

J’ai commencé à vous raconter ce que Pierre nous avait dit à Rome. Vous allez me dire, ce sont des souvenirs de vielle femme .. Mais c’est encore bien clair dans mon esprit. D’ailleurs, vous n’avez qu’à relire ce que saint Marc a écrit là-dessus.

Vous voulez que je vous dise ce qui s’est passé quelques jours avant la mort de Jésus? Je vais seulement vous redire ce que Pierre nous a dit :

C’était un jeudi, la veille de sa mort, le repas ce jour-là, nous a marqués profondément. J’étais assis près de Jésus, Jean de l’autre côté.

Au milieu du repas. Jésus a pris du pain. Rien de bizarre, mais écoutez ce qu’il nous a dit:

« Prenez, ceci est mon corps » on s’est regardé ! Qu’est-ce qu’il raconte? Moi, je m’attendais à autre chose plus en rapport avec ce qui se tramait dehors, les menaces, les ennemis qui complotaient pour le faire mourir. Les pharisiens avec leurs airs de supériorité, les grands prêtres Anne et Caïphe avec leur Temple et leurs richesses.

J’aurais préféré qu’il nous dise : cette épée que Pierre a apportée, c’est moi maintenant. Je vais aller les trouver ces gaillards malfaisants, je vais leur montrer que je suis plus fort qu’eux. Tremblez, je suis pour vous I’ épée qui va vous pourfendre, je vais vous régler votre compte, je suis l’I épée de Dieu. La puissance de Dieu, le tonnerre de Dieu comme sur le mont Sinaï.

Je lui aurais dit aussi : Jésus, ouvre les yeux, c’est fini, arrête de nous dire que tu veux être du bon pain, je le sais que tu as aidé les boiteux, les aveugles, que tu as donné du pain aux affamés, à quoi ça a servi tant d’amour ?

Le comble, c’est quand il a ajouté : ce vin que nous répandons, c’est mon sang, qui va être livré. Toujours la même volonté. Laisser les voyous répandre son sang. Descendre aux niveaux des plus faibles, qui ne peuvent pas se défendre. Mais c’est leur sang à ces voyous qu’il faut répandre. Rien à faire avec lui : Donner, Se Donner, Pardonner, nous aimer les uns les autres. Devenir du bon pain pour les autres. II ne renonce pas à son idée : Ce pain que vous mangez et qui se laisse faire, c’est moi, c’est lui qui vous donnera la vie.

Moi, Pierre, sur le coup je n’ai rien compris, je n’étais même pas d’accord avec Lui, mais j’ai remis mon épée dans un coin et je l’ai suivi. Maintenant, je vois que j’ai bien fait de le suivre.

Ici à Rome, je vois mieux qu’il avait raison. Trop de gens se nourrissent avec de l’or, de la force, c’est une nourriture qui n’apporte que violence et injustice. Ils feraient mieux de se nourrir du pain qu’il nous a donné.

Voilà, Claudia, ce que tu peux dire à ceux que tu connais. Qu’ils ne se trompent pas de pain.