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Madame Esther

Soyez comme un enfant



[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 33-37″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 33-37

Jésus et ses disciples avaient traversé la Galilée et ils arrivaient à Capharnaüm.

Une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »

Les disciples se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.

S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

Prenant alors un enfant, Jésus le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit :

« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé »

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Le jour du baptême beaucoup de parents choisissent une belle lecture de l’évangile, celle où saint Marc par exemple nous raconte comment des mamans étaient venues présenter leurs petits enfants à Jésus. Ils ont raison, car c’est bien une originalité de la foi chrétienne de donner tant d’importance aux petits et aux enfants.

Alors, faisons un bond en arrière et allons filmer, écouter ce qui s’est passé ce jour-là.

L’enfant Mardochée rentre à la maison en courant:

– maman, je l’ai vu,

– qui ça, tu l’as vu ?

– Jésus, il est passé dans la rue. Avec les copains on a couru, Même que Joshua a dit : attention, ne criez pas, il va nous rembarrer parce qu’on fait trop de bruit. Il va faire comme le rabbin l’autre jour quand il a crié contre nous, allez-vous en galopins, ce n’est pas votre place ici à la synagogue, c’est pour les grandes personnes, quand vous aurez 12 ans, vous pourrez entrer et lire les Écritures, mais en attendant, dehors.

– Il avait bien raison le rabbin, répond la maman, parce que vous êtes des turbulents, vous gênez tout le monde surtout quand on a envie de prier ou de discuter sur ce que les prophètes nous ont dit.

– Et bien, lui, Jésus, il ne nous a pas fait partir. Au contraire, si tu avais vu, maman, comme il nous a parlé. C’est comme si on était les plus importants.

– Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

– Ben, dis-le, toi, Jérémie, tu étais tout près de lui. Dis-nous ce qui s’est passé

– Oui, j’ai tout entendu. Il y avait des hommes avec lui, ils avaient l’air renfrogné, jaloux les uns contre les autres. C’est moi le plus grand, non c’est moi. Tu verras, dans son royaume, c ‘est moi que Jésus va choisir en premier. Moi, je rigolais en les entendant : ma parole, les gamins c’est eux. Oui, des gamins qui se bagarrent pour être le chef de la bande.

– A ce moment, Jésus les a regardés, d’un œil sévère.

– Oh, oui, il n’avait pas l’air content du tout. Venez par ici, qu’il leur a dit. Moi j’ai suivi tout doucement en ouvrant les oreilles.

« Si quelqu’un veut être premier, il sera dernier de tous, et serviteur de tous. »

Bang, ça a été comme un coup de bâton sur leurs crânes. Être le dernier pour être le premier, ils n’avaient pas l’air de comprendre.

A ce moment-là ? Jésus m’a vu. Pourtant j’étais bien caché derrière le plus gros…

Je n’étais pas trop rassuré, mais il n’avait pas de méchants yeux.

– Allez Jérémie, raconte-nous ce qu’il a fait.

– il m’a placé au milieu du groupe et il m’a embrassé.

– oh, tu en rajoutes, Jérémie. Un homme comme ça ne va quand même pas embrasser un gamin des rues ! Tu exagères.

– Je te jure que c’est vrai. Après il a dit : « si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux »

– Qu’est-ce que ça veut dire ?

– Attends, moi, je vais t’expliquer. Le royaume des cieux, c’est un royaume pas comme les autres. Pas question d’y entrer si tu te chamailles pour être le premier, si tu te croix plus grand que tout le monde.

– voyons les enfants, dit la maman, vous ne croyez tout de même pas que les plus importants dans un royaume, ce sont les plus petits, les enfants, ça ne s’est jamais vu.

– en tout cas, c’est ce qu’il a dit.

– Mardochée, avoue-le que Jérémie exagère.

– Mais non, maman, je te le dis. Jésus nous a regardés et il a encore dit :

« Celui qui accueille un de ces petits en mon nom, c’est moi qu’il accueille. »

Vous me faîtes bien rire, les enfants, quelle imagination.

Supposez que le roi Hérode nous dise : cet enfant-là dans la rue, c’est la même chose que moi. Si vous y touchez, c’est à moi que vous touchez.

Vous avez du mal comprendre, mes enfants, allez -vous en jouer. Point final.

Un peu à la fois, les gens commencent à se regrouper dans la rue.  Tout le monde se met à discuter.

A ce moment, arrive le vieux Jonathan : « c’est vrai ce que disent les enfants. Il n’y a pas longtemps, j’ai été témoin. Je vais vous raconter. »

J’étais là à écouter. Tout à coup, le cercle des auditeurs s’ouvre : des mamans s’avancent avec des bébés dans leurs bras. Vous savez ce que sont les mamans, elles s’approchent de Jésus et lui demandent : pourrais-tu bénir nos petits enfants ?

Moi, j’étais tout ému. C’était beau mais des disciples se mettent à grogner : Vovons, mesdames, ne faites pas perdre de temps au Maitre, il a autre chose à faire, et puis, il ce n’est pas avec des bébés qu’il va faire son royaume, il a besoin de gens capables, forts, instruits. Allez, écartez-vous.

Croyez-moi, à ce moment, jésus se rend compte de ce qui se passe, qu’est-ce qu’il fait ?

Il se fâche. Oui, il se fâche contre ses disciples. Les pauvres, ils croyaient bien faire, mais ils se font rabrouer.

Ils baissent la tête. Visiblement, ils avaient du mal à comprendre ce royaume où les petits seront les plus grands. Comment voulez-vous qu’ils comprennent, jamais on n’avait entendu de telles paroles : « laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas car le royaume de Dieu est à eux »

Ils en faisaient une tête les disciples qui se croyaient grands, et encore plus les notables de la ville qui écoutaient par derrière. Il fallait les entendre murmurer entre leurs dents :

Ce Jésus est complètement fou. Nous dire que ce sont les enfants, les petits, les ignorants qui vont commander maintenant ? Nous dire qu’il faut tout mettre au service des plus petits. Où allons-nous ? C’est un monde complètement à l’envers.

C’est bien là ce que nous devons comprendre : si nous voulons un monde meilleur, il faut apprendre à mettre les plus petits, les plus pauvres, les plus faibles comme les enfants, au milieu. Tant que les forts, les rusés ne penseront qu’à eux, nous continuerons à courir vers les catastrophes.

 

 

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Madame Claudia

Le mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée


Pour écouter :


[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 46-52″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 46-52

Jésus et ses disciples étaient venus à Jéricho. Et tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route.
Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier: «Jésus, fils de David, aie pitié de moi!» Beaucoup de gens l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle: «Fils de David, aie pitié de moi!» Jésus s’arrête et dit: «Appelez-le.»
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit: «Confiance, lève-toi; il t’appelle.» L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Jésus lui dit: «Que veux-tu que je fasse pour toi? – Rabbouni, que je voie.» Et Jésus lui dit: «Va, ta foi t’a sauvé.»
Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route.

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Quelle joie, quelle ambiance dans le village !
Il est revenu, oui, BarTimée, le fils de Timée, vous le connaissez celui qui était aveugle.

Ah, BarTimée, c’est formidable, tu me reconnais, moi, Aaron, ton cousin. Mais bien sur, et aussi ma petite fille, Myriam,
C’est donc vrai, tu vois, tu n’es plus aveugle c’est incroyable, raconte-nous ce qui s’est passé.

Vous savez bien que j’ai perdu la vue il y a quelques années. Une vie de misère, plus de travail, rien d’autre que mendier : « Pitié, ma bonne dame, à votre bon cœur, Monsieur ».
Quelle humiliation pour moi qui aimais tant travailler avec les copains.

A la fin, j’ai abouti à Jéricho.
On m’a dit que c’était une belle ville, prospère, de l’eau pour les cultures et les palmiers. Mais pour un pauvre aveugle, ce n’est pas gai.

Jéricho, mes enfants est sur la route des pèlerins qui montent à Jérusalem. Ceux qui sont passés par le désert de l’autre côté de la rivière, le Jourdain, pour éviter de se faire insulter en passant par la Samarie.
Ça fait du monde, mais ça attire aussi tous les éclopés de la terre. Une vraie concurrence, mendier au milieu de cette foule, ce n’est pas rentable. Et les gens de la ville ont d’autres chats à fouetter, donc pas le temps de s’occuper d’un aveugle.

Heureusement, un ami m’a donné un conseil : va plutôt à la sortie de la ville.

Pas bête du tout, c’est un endroit stratégique. Les pèlerins sont mieux disposés. Vous comprenez, quand ils arrivent dans cette belle ville, avec toutes les tentations qu’elle offre, ils ont d’abord envie de s’y reposer un peu et s’ils ont encore quelques pièces à dépenser, c’est pour s’offrir quelques belles dattes ou une bonne coupe de vin, pas pour aider un pauvre aveugle…

En revanche, lorsqu’ils quittent la ville, ils se préparent à la rencontre avec Dieu qu’ils rencontreront lorsqu’ils seront à Jérusalem pendant les fêtes de Pâques, ils ne veulent pas se mettre en mauvais termes avec Lui, du coup, ils sont plus généreux.

S’il te plaît, BarTimée, ce n’est pas ta stratégie de mendiant qui nous intéresse, mais dis-nous plutôt comment c’est arrivé, ta guérison.

Patience, j’y arrive.

J’étais assis un jour au bord du chemin, enveloppé dans mon manteau. C’est tout ce qui me restait, et il faisait frisquets ce matin-là. Je tends l’oreille pour deviner si du monde arrive…

Du monde, oui, parlons-en, c’était une foule qui parlait qui chantait…
Qu’est-ce qui se passe ?
D’habitude les pèlerins sont plutôt silencieux, ils économisent leurs forces pour la route qui n’est pas commode.
D’après ce qu’on m’a dit, ça grimpe dur, sur les trente kilomètres, il y a bien 500 mètres de dénivellation.

Moi, je crie tant que je peux : Oh, là, oh là, messieurs, dîtes-moi un peu ce qui se passe. Pourquoi toute cette foule ?

Mon pauvre ami, dommage pour toi, tu ne pourras pas le voir. C’est Jésus de Nazareth, il monte à Jérusalem et nous allons avec lui. Il aura besoin d’être aidé là-bas, il y en a qui l’attendent pour s’en débarrasser.

Jésus de Nazareth mais j’ai déjà entendu ce nom-là. Ma parole, si c’est lui, quelle chance !

Alors je crie encore plus fort : « Jésus de Nazareth, fils de David, aie pitié de moi ! »

Pourquoi « fils de David ? » Tu crois que David est un de ses ancêtres ?

J’ai entendu parler de ça. Mais je me suis dit :
Si jamais ce Jésus est le Messie, celui que les prophètes ont annoncé, certainement qu’il va nous libérer des Romains, ce sera un chef, un guerrier comme David. Tu sais quand on a l’habitude de mendier on essaie de se faire bien voir, de flatter un peu les gens.

Il y a une autre raison, qui me touche moi, le pauvre aveugle. C’est des copains à moi qui me l’ont dit : fais une prière au roi Salomon, le fils de David, lui, il peut te guérir.
Il y a un tas de gens qui lui demandent son aide. Il paraît qu’en son temps c’était un sage, un guérisseur.

En tous cas, ça a marché.
Les gens me disaient, veux-tu te taire, tu vois bien que le maitre n’a pas le temps, il doit aller à Jérusalem.
Mais lui, s’arrête, je l’entends qui dit : appelez-le.
Au moins, il ne pensait pas comme les autres… Pour eux, je n’étais rien, mais pour lui, j’avais du prix à ses yeux, il ne m’a pas envoyé promener.

Du coup, les voilà qui me secouent : courage, lève-toi, il t’appelle !

Alors là, je n’ai pas hésité un moment, j’ai bondi, même mon manteau, je l’ai laissé tomber.
Pierre, c’était comme le chef de l’équipe, m’a dit après : toi, tu n’es pas comme ce jeune homme de l’autre jour qui voulait venir avec nous, mais ses richesses l’ont comme ligoté. Il est reparti tout triste.

Je m’approche, ou plutôt, on m’approche de Jésus.
Je m’attendais à ce qu’il me dise : viens ici, je vais te faire des onctions, des gestes sur tes yeux, comme les guérisseurs
Rien de tout cela ! Seulement une question : que veux-tu que je fasse pour toi ? J’allais lui répondre, enfin, tu ne le vois pas que je suis aveugle ? Fais-moi voir.

Ah mes enfants, j’étais comme paralysé, subjugué, émerveillé. Bêtement je lui ai répondu : « Rabbouni, fais que je voie ! »

Tiens, tu ne lui as plus dit « fils de David » ?
Bien sûr que non, au son de sa voix, j’ai senti tout de suite toute la bonté de cet homme.
Une bonté, une douceur qui me rentrait dans tout le corps, avec une envie de rester avec lui.
« Rabbouni » Au rabbin dans la synagogue, je lui dis, Rabin, en m’inclinant. Mais ici je ne savais plus bien comment l’appeler : mon cher maitre, mon petit maitre, mon bon maître, « Rabbouni »

Jésus me dit encore : « va ta foi t’a sauvé »
C’est tout ? Nos guérisseurs font un tas de simagrées, de gestes, des paroles magiques.

Je vous assure, rien d’autre, il n’a dit qu’un mot comme quelqu’un qui commandait à la maladie sans effort.
Tout de suite, j’ai vu comme je vous voie maintenant.

Et qu’est-ce que tu as fait ensuite ?

Que voulez-vous que je fasse. J’en avais assez du mépris des gens : sale aveugle, tu dois avoir fait un grand péché pour être ainsi. Ou bien : laisse-nous passer, ne nous embête pas.

Lui, il n’est pas comme les autres. Je vous le dis mes amis, je crois en lui, je marche avec lui, je reste avec lui. C’est des hommes comme lui qu’il nous faut :
Il m’a dit « ta foi t’a sauvé »

C’est vrai, je crois en toi, tu n’es pas comme les autres, je marche avec toi, jusque Jérusalem.

J’ai été très touché lorsque Pierre est venu me voir et m’a dit : merci BarTimée, tu vois, jusqu’ici j’étais plutôt comme l’aveugle que Jésus a guéri à Bethsaide. Il lui avait ouvert les yeux péniblement, par étapes.
Moi aussi, j’avais du mal ouvrir les yeux, à croire vraiment, en lui. Maintenant mes yeux se sont ouverts tout grands. Et je vais faire comme toi, je vais le suivre jusqu’au bout. Du moins, c’est ce que je vais essayer de faire.

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Madame Claudia

L’aveugle de Bethsaïde


Pour écouter :


[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 22-26″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 22-26

Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait: «Est-ce que tu vois quelque chose?» Ayant ouvert les yeux, l’homme disait: «Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres, et ils marchent.»
Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l’homme; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya chez lui en disant: «Ne rentre même pas dans le village.»

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Tu en as de la chance, Pierre, toi, tu as connu Jésus directement, tu as parlé avec lui; tu as vu tout de suite qu’il était le Sauveur, le Messie, le Fils de Dieu. Mais pour nous, c’est plus difficile de croire en lui.

Ne croyez pas cela, mes enfants, si vous saviez le temps que j’ai mis pour comprendre

C’est vrai, j’étais souvent avec lui, j’ai vu  ce qu’il faisait  mais j’étais comme aveugle, je restais bouche bée en me disant: formidable, quel miracle, quel exploit, je passais complètement à coté.

Tu exagères, Pierre, quand Jésus guérissait quelqu’un, tu voyais bien qu’il avait un pouvoir pas ordinaire.  par exemple , quand il guérissait un aveugle.

Vous me parlez d’aveugle. Je vais vous donner un exemple. Nous étions un jour à Bethsaide, près du lac. Des gens arrivent en conduisant un aveugle. « Jésus, vois comme il est malheureux, nous te supplions, guéris-le ».

Jésus prend ce pauvre homme par la main, l’entraîne plus loin, en dehors de la foule. A ce moment, il fait une série de gestes que nous avons eu du mal à comprendre. Ecoutez bien. D’habitude, il demande: que veux-tu ? Et l’aveugle répond. Seigneur, que je voie. Cette fois-ci rien de tel. Jésus  crache,  fait de la boue, la met sur les yeux de l’homme, lui impose les mains et lui demande  : que vois-tu ?

Bizarre, non ? Moi, Pierre, franchement, je me demandais ce que cela voulait dire . Pourquoi lui demander que vois-tu ? Pourquoi ne pas le guérir d’un seul coup? l’homme lui répond : j’aperçois des hommes, comme des arbres qui marchent.

Étonnant, vraiment. Du coup, Jésus lui impose les mains une deuxième fois, comme s’il avait raté son coup la première fois;

Nous, mon frère André et Jacques et Jean, on se disait : Jésus, qu’est-ce qu’il a derrière la tête ? Bien souvent , il fait des gestes pour nous dire quelque chose. Mais ce jour là, nous n’avons rien compris.

A la fin, l’homme a retrouvé la vue complètement. Puis, Jésus l’a renvoyé dans sa maison.

Et nous sommes restés baba, bêtement. Inquiets aussi : est-ce que Jésus n’avait plus la force pour guérir ? Pourquoi avait-il tant de mal pour aider un malheureux ?

Je suppose que tu as quand même compris le message.?

Oh, c’était assez simple, l’aveugle que Jésus voulait guérir c’était nous. Çà faisait des mois qu’il essayait de nous ouvrir les yeux, de nous montrer que le plus important n’est pas de dominer les autres, mais de les aider, mais rien à faire, nous étions comme bornés, myopes. Il en a eu du mal pour nous aider à changer. Il a du s’y reprendre je ne sais combien de fois.

Tenez, Quelques jours avant, il nous avait attrapés vivement. Je ne sais plus qui avait dit :

Zut, nous avons oublié d’emporter du pain. Qu’est-ce que nous allons faire ?

La réponse a été sèche. Vous ne vous rappelez donc pas que dans le désert j’ai donné du pain à manger à toute une foule ? Vous ne comprenez donc pas encore ?

Vous saisissez pourquoi je vous dis  : l’aveugle, c’était nous, bornés, fermés,

Ce n’était pas la peine de travailler avec lui, de voir tout ce qu’il faisait pour les malades, les désespérés, et de rester là sans rien voir. Oui, sans rien voir, avec nos yeux de quatre sous, alors qu’il nous aurait fallu bien les ouvrir, regarder, voir tout l’amour qui passait par ses mains. Rien, nous n’avons rien vu. Ou plutôt nous avons aperçu des choses importantes, mais à moitié, comme ce pauvre homme qui prenait les hommes pour des arbres qui marchent.

C’était pareil : ses gestes de pure bonté, nous les avons pris pour des preuves de force

Et la deuxième imposition des mains , qu’est-ce qu’elle voulait dire ?

Je vous le répète : Jésus a du s’y reprendre à deux fois, pour nous ouvrir les yeux.

Je vous ai déjà raconté : entre nous, il y avait des jalousies: qui va être le plus grand, quel poste allons-nous avoir dans le royaume…alors que des yeux bien ouverts auraient du comprendre qu’il fallait servir et non pas être servi.

Maintenant, Pierre, tu n’es plus aveugle, au contraire !

En tous cas, ce n’est pas de ma faute. Le jour où il a été arrêté, je croyais en lui, je l’ai même suivi jusqu’au tribunal, mais là, j’ai calé. Je me suis dit -toujours avec des yeux à demi fermés- non ce n’est pas possible, qu’un homme comme lui se laisse faire, il devrait écraser ces voyous.

C’est après qu’il m’a comme imposé les mains une deuxième fois, quand il m’a demandé: Pierre m’aimes tu ? C’est ce jour-là que mes yeux se sont vraiment ouverts.

Merci, Pierre, de nous avoir raconté cela.

Oh, ne me dîtes pas merci. Je vous demande seulement une chose; ne désespérez jamais. Le jour où vous avez du mal à croire, patientez, nous sommes tous pareils. Ce n’est pas facile de suivre un homme comme lui quand il nous demande, mettez-vous au service de ceux qui souffrent, de ceux qui n’y voient plus clair. Et vous verrez, oui, vous verrez quel bonheur on reçoit  comme l’aveugle, qui découvre à la fin les merveilles du monde.

 

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Madame Esther

Tenez-vous prêts !



Remarque : ce conte fait référence à 2 Évangiles et fait référence aussi au temps de l’Avent
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 24, 37-44

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. À cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’homme viendra. »
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[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13, 33-37″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13, 33-37

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

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Bonjour, c’est toujours moi, Madame Esther.

Je vous ai souvent parlé de Jésus, moi qui suis juive. C’est que je suis très impressionnée par tout ce qu’il a fait, et ce qu’il a dit… Et je trouve que ses paroles sont toujours d’actualité.
Vous ne me croyez pas ? Tenez, je vous raconte les dernières paroles que j’ai entendues. Je crois que Matthieu les a notées aussi.

Jésus rappelait l’histoire de Noé avec le déluge. Une inondation terrible comme celles que vous connaissez encore aujourd’hui. Oui, un déluge, c’est terrible ! Mais pour Jésus, il y a quelque chose de plus grave, vous avez entendu ?

« Avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui a tout engloutis. »

Donc, l’insouciance des gens ! Est-ce que ce n’est pas encore vrai ?
Je ne sais plus qui disait : Metro, boulot, dodo.
Une vie sans horizons, on consomme, on s’amuse, on rigole.

Je m’excuse de dire ça, mais pendant ma longue vie j’en ai vu des milliers de personnes, des inconscients qui s’empiffrent sans prendre conscience des foules d’enfants qui souffrent, qui ont faim tout près d’eux. Un beau jour, ils se réveilleront stupéfaits et paniqués, mais trop tard.

L’autre jour, un gros monsieur me disait : vous vous rendez compte, si tous ces migrants nous tombent dessus, qu’est-ce qui va se passer ? Ça va être comme une inondation.

Je lui ai répondu :  vous avez raison, si vous continuez à faire bombance sans essayer de les aider, un beau jour vous l’aurez le déluge.
Entendez les paroles de Jésus « Tenez-vous prêts, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de L’homme viendra ».
C’est bien cela, l’insouciance, je devrais dire l’inconscience. On ferme les yeux sur ce qui se passe et un beau jour, c’est la catastrophe.

Il y a des personnes qui ressemblent au gros chat de ma tante qui passe tout son temps à ronronner sur son coussin. Quelle belle vie, mais gare au jour où les rats vont envahir la maison !

Vous avez un pape, je crois qu’il s’appelle François. Je l’aime bien. Et il dit les choses sans langue de bois.
Aux milliers de jeunes qui l’écoutaient en Pologne, Il n’a pas mâché ses mots : « Ne confondez pas le bonheur avec le canapé. »

J’ai compris ce qu’il veut dire : Tenez-vous prêt. Ne pensez pas uniquement à votre bonheur matériel, ni même à votre situation financière à vous, ou pire à vos plaisirs égoïstes.

Il y a des choses plus importantes dans la vie. Vous, qui êtes jeunes, ne vous attardez pas sur vos jeux vidéo, dans votre canapé, il y a un tas d’aventures qui vous attendent. Mais de belles aventures qui rempliront votre cœur de joie et de fierté.

Permettez-moi un conseil :
J’ai entendu dire que c’est le temps de l’Avent, une préparation à votre belle fête de Noël. Donc, « Tenez-vous prêts » voyez ce que vous pouvez faire, là où vous êtes, pour donner un peu de vrai bonheur à ceux qui sont désespérés.

 

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Mamie Gisèle

Le canard sans ailes



[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 17-27″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 17-27

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se laissa tomber à ses genoux et lui demanda: «Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? »
Jésus lui dit: «Pourquoi m’appelles-tu bon? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements: Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.» L’homme répondit: «Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse.» Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit: «Une seule chose te manque: va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel; puis viens et suis-moi.» Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples: «Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu!» Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend: «Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.»
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux: «Mais alors, qui peut être sauvé?» Jésus les regarde et répond: «Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu; car tout est possible à Dieu.»

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Grand-mère, tu veux bien m’expliquer quelque chose ?

– Allez, assieds-toi, dis-moi. Qu’est-ce que tu ne comprends pas ?

Tu sais, dimanche, Mr l’abbé a lu un évangile qui parlait d’un jeune homme riche.

 – Oui, celui qui était venu trouver Jésus pour lui demander ce qu’il devait faire ? Un jeune homme très bien.

C’est ça, et ce jeune homme au lieu de suivre Jésus, est parti. Mais je ne comprends pas pourquoi il est parti tout triste.

Pourtant, à sa maison, il avait tout ce qu’il fallait, il avait de grands biens, c’est ce que j’ai entendu. Il a dû être content de revenir chez lui.

– Écoute bien, je vais te raconter ce qui m’est arrivé l’autre jour. Regarde par la fenêtre, qu’est-ce que tu vois ?

Et bien… Je vois Trompette le plus beau canard de la ferme. Il a de si belles plumes, j’aime bien le regarder lorsqu’ il se promène dans la cour, en redressant le cou, il a l’air d’un roi.

Et quand il nage dans la mare, il est encore plus beau. On dirait qu’il a un petit moteur, il avance sans faire de vagues. Moi, je voudrais bien savoir nager comme lui.

On dirait que tous les autres canards, les poules, les dindons, et même le chien Philou sont comme jaloux, tellement il est bien.

– Maintenant, ma petite Camille, écoute-moi bien.

L’autre jour, j’étais assise sur le banc dans la cour, je n’étais pas très en forme ce jour-là, j’étais un peu triste.  Les soucis et mes rhumatismes. Bref… Comme Trompette passait devant moi, je me surpris à lui parler. Ah ouais, t’as bien de la chance Trompette… comme tu dois être heureux toi.

Mais Mamie, un canard, ça ne parle pas !

– Mais le mien, il m’a raconté sa vie ! J’en suis encore toute bouleversée.

Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Tu peux me le dire, je ne le raconterai à Personne.

– Et bien, du tac au tac, il m’a répondu :

— Personne ne comprend combien je suis triste.

– Triste ? Ce n’est pas possible tu as tout ce qu’il te faut ici, tu manges bien, tu nages tous les jours, tout le monde t’admire.

— Alors vous croyez qu’un canard est fait seulement pour bouffer, pour se glisser dans l’eau.

Regardez donc en haut…Moi, je suis fait pour voler, pour planer sur les nuages, pour me laisser aller au gré des vents, pour regarder les maisons et les arbres d’en haut, du haut du ciel.
Et je suis ici à me traîner comme n’importe quel dindon.

– Mais, Trompette, tu n’as qu’à voler, tu as des ailes, de belles ailes. Vas-y, lance-toi, je serai la première à t’applaudir et tu reviendras me raconter tout ce que tu as observé de là-haut.

— Ne soyez-pas si cruelle, vous ne voyez donc pas qu’ils m’ont coupé les ailes. J’ai beau les étendre, là regardez, elles ne sont plus capables de me supporter.

J’ai déjà essayé de me lancer du haut du tas de paille, mais rien à faire. Je ne suis plus un canard de haut vol, je vous le dis, je ne suis qu’un gros dindon tout juste bon à se pavaner.

Mais comme je suis triste à l’intérieur !

-Allons, Trompette, ne te désespère pas. Tes ailes peuvent repousser, tu pourras encore voler dans le ciel.

— C’est trop tard ! Même si mes ailes repoussent je suis devenu trop gros et gras. Ils m’ont engraissé.
Le pire, c’est que je me suis habitué, je ne peux plus vivre sans ma pâtée de tous les jours.
Tous les matins, au lieu de lever les yeux vers le ciel, comme un vrai canard né pour les grands horizons, je guigne vers la porte.
Quand est-ce qu’elle viendra avec la bouffe ? Je fais exactement comme le chien Philou, mais pour lui, c’est normal, il n’a pas d’ailes pour voler.

C’est triste, Mamie, ce que tu me racontes-là. Pauvre Trompette c’est dommage qu’il ne peut plus voler.

Mais dis-moi, pourquoi tu me racontes l’histoire du canard triste ?

– Parce que c’est ce qui s’est passé avec le jeune homme de l’évangile.

Lui aussi, il aurait pu être un grand Apôtre comme Pierre ou Jacques ou Jean. C’était un jeune homme très bien. Il désirait faire de grandes choses avec Jésus, mais on peut dire qu’il avait les ailes coupées.
On peut dire aussi qu’il était gavé comme un gros canard avec ses richesses. Il n’était plus capable de se lancer.

Comprends-tu cela ?

Oui, oui, Mamie, je crois que je comprends ce qui s’est passé.

Est-ce que tu crois qu’il y a aujourd’hui beaucoup de personnes qui ressemblent à ce jeune homme riche, ou à mon canard Trompette ?

– Beaucoup, je ne sais pas. Mais j’ai connu des amis qui étaient très bien, mais au fond de leur cœur, on sentait comme une tristesse. Ils sentaient bien qu’ils étaient faits pour voler bien haut, mais pour eux, c’était tous les jours, se lever, manger, partir travailler, revenir, s’installer devant la télé, manger, dormir, et le lendemain recommencer.

Comme le beau canard qui tourne en rond dans la cour en regardant tristement vers le ciel.

 

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Mamie Gisèle

L’AFFAIRE DU FILET



[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20. » color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20

Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu; il disait: «Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.»
Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets: c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit: «Venez derrière moi, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.» Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.
Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.

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Le soldat Cornélius s’assit péniblement. Il ôta son casque et essuya son front couvert de sueur. L’été à Capharnaüm était trop brûlant.

Drôle de travail, enquêter sur un filet. Il en a de bonnes le Centurion, s’il croit que c’est facile. !

« Allez un peu fouiner du côté du lac, qu’il m’a dit, mais discrètement . J’ai entendu parler d’un remue-ménage dans la foule. »

Il est chatouilleux le centurion, toujours peur d’une émeute.

Il n’a pas tort, Ici en Galilée, t’as intérêt à faire gaffe. Les gens sont toujours prêts à rouspéter. Dès que tu arrives, ils te tournent le dos.

L’autre jour un gamin a crié devant moi :

« tu verras, sale romain, quand le Messie viendra…. »

Bon, Cornélius, va-t-en au rapport.

A vos ordres, mon Centurion ! Je suis allé au bord du lac. Des gens étaient rassemblés et discutaient sec. Rien pu en tirer. Tous muets.

Ben nous avons trouvé un filet, là sur la plage. On se demande à qui il est.

– Et vous ne savez pas, c’est un peu fort ! On ne laisse pas traîner des filets comme ça !

– Non, on ne voit pas.

– Et cette barque, là, à qui elle est ?

– On ne sait pas.

– Enfin, elle n’est quand même pas arrivée toute seule ?

– On ne sait pas.

J’ai attendu qu’ils partent tous, ces excités. Le centurion a raison, il se trame des choses dans ce pays.

C’est une gamine qui m’a renseigné. Je lui ai refilé une photo du Colisée a Rome et elle m’a dit : c’est Simon.

– Simon, le pêcheur ?

– Oui, il sortait de la mer avec son filet et ses poissons. Un homme l’attendait. Ils disent qu’il vient d’un village de l’intérieur, un nom comme Nazara ou Nazareth.

– Il s’appelle comment cet homme ?

– J’ai entendu qu’on lui disait Jesouha. Il s’est tourné vers Simon et lui a dit : « viens, suis-moi ».

Il a encore dit, même que des gens ont rigolé : »Je ferai de toi un pêcheur d’homme ». Simon, il est parti tout de suite, en laissant tout tomber. On n’aurait jamais cru cela.

– C’est tout ce que vous avez appris, Cornélius ?

Oui, mon Centurion. Sitôt après, d’autres ont suivi cet homme, les fils d’un dénommé Zébédée. M’est avis qu’il y en aura d’autres, d’après ce que j’ai cru comprendre. Vous avez raison de vous inquiéter. Si cela continue on va encore avoir affaire à une bande d’énergumènes qui fonce au désert et prend les armes contre nous.

– Ah, ah, vous êtes sûr ? Et vous n’avez pas essayé d’avoir des tuyaux sur ce, comment dîtes-vous, Jesouha ?

Oui, mais je n’y comprends rien. On m’a dit que cet homme-là n’est pas comme les autres. Ce n’est pas un braillard ou un illuminé, il parle à tout le monde sans mépriser personne. C’est ce qui fait son succès. Les gens disent : « II ne parle pas comme les scribes, eux ils nous écrasent de leur science, lui il est bon, il aime les petites gens. »

– Oh là, soldat Cornélius, on dirait que ce Jesouha vous impressionne. Bon, soyons sérieux, vous allez continuer à me surveiller cette affaire. Tâchez de savoir où ils sont passés, ce qu’ils font, s’ils ameutent les foules, et vous venez au rapport dès que vous avez quelque chose.

Rompez