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Madame Claudia

Le dernier repas


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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 26-29

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,
car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.
Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. »



Bonjour. C’est encore moi, Claudia.

J’ai commencé à vous raconter ce que Pierre nous avait dit à Rome. Vous allez me dire, ce sont des souvenirs de vielle femme .. Mais c’est encore bien clair dans mon esprit. D’ailleurs, vous n’avez qu’à relire ce que saint Marc a écrit là-dessus.

Vous voulez que je vous dise ce qui s’est passé quelques jours avant la mort de Jésus? Je vais seulement vous redire ce que Pierre nous a dit :

C’était un jeudi, la veille de sa mort, le repas ce jour-là, nous a marqués profondément. J’étais assis près de Jésus, Jean de l’autre côté.

Au milieu du repas. Jésus a pris du pain. Rien de bizarre, mais écoutez ce qu’il nous a dit:

« Prenez, ceci est mon corps » on s’est regardé ! Qu’est-ce qu’il raconte? Moi, je m’attendais à autre chose plus en rapport avec ce qui se tramait dehors, les menaces, les ennemis qui complotaient pour le faire mourir. Les pharisiens avec leurs airs de supériorité, les grands prêtres Anne et Caïphe avec leur Temple et leurs richesses.

J’aurais préféré qu’il nous dise : cette épée que Pierre a apportée, c’est moi maintenant. Je vais aller les trouver ces gaillards malfaisants, je vais leur montrer que je suis plus fort qu’eux. Tremblez, je suis pour vous I’ épée qui va vous pourfendre, je vais vous régler votre compte, je suis l’I épée de Dieu. La puissance de Dieu, le tonnerre de Dieu comme sur le mont Sinaï.

Je lui aurais dit aussi : Jésus, ouvre les yeux, c’est fini, arrête de nous dire que tu veux être du bon pain, je le sais que tu as aidé les boiteux, les aveugles, que tu as donné du pain aux affamés, à quoi ça a servi tant d’amour ?

Le comble, c’est quand il a ajouté : ce vin que nous répandons, c’est mon sang, qui va être livré. Toujours la même volonté. Laisser les voyous répandre son sang. Descendre aux niveaux des plus faibles, qui ne peuvent pas se défendre. Mais c’est leur sang à ces voyous qu’il faut répandre. Rien à faire avec lui : Donner, Se Donner, Pardonner, nous aimer les uns les autres. Devenir du bon pain pour les autres. II ne renonce pas à son idée : Ce pain que vous mangez et qui se laisse faire, c’est moi, c’est lui qui vous donnera la vie.

Moi, Pierre, sur le coup je n’ai rien compris, je n’étais même pas d’accord avec Lui, mais j’ai remis mon épée dans un coin et je l’ai suivi. Maintenant, je vois que j’ai bien fait de le suivre.

Ici à Rome, je vois mieux qu’il avait raison. Trop de gens se nourrissent avec de l’or, de la force, c’est une nourriture qui n’apporte que violence et injustice. Ils feraient mieux de se nourrir du pain qu’il nous a donné.

Voilà, Claudia, ce que tu peux dire à ceux que tu connais. Qu’ils ne se trompent pas de pain.

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