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Recits

Jean-Baptiste en prison



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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7, 18-23

En ce temps-là, Jean le Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »
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Bien des causes de tristesse dans la vie.

L’une d’entre elles est la déception. Je me souviens d’un ami, homme remarquable, bourré de diplômes, expérience rare, réussite exemplaire dans son métier.

Mais quelle déception : « Mon garçon, tu sais que je l’aime beaucoup, il est doué lui aussi, intelligence très vive, il comprend tout, il pourrait réussir ses examens sans effort, mais qu’est ce qu’il a donc en tête ? Pas de goût pour les études, bon, disons, pour les études techniques, un peu rêveur, artiste. Qu’est-ce qui l’intéresse ? La peinture….

J’avoue qu’il a un certain talent, mais… ça ne rapporte pas. Tout le monde n’est pas Gauguin ou Picasso. Et pour un qui réussit combien finissent dans la misère ! J’aurais cru qu’il allait reprendre l’affaire. À quoi bon avoir tant travaillé, avoir mis tant d’espoir. C’est comme si j’avais ouvert une route et au bout, rien. »

Cette confidence m’a bouleversée, car c’est un homme sincère, généreux et travailleur.

Le soir, en rentrant, j’ai ouvert mon évangile. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Un passage que j’avais pourtant déjà lu, mais je n’avais pas trop fait attention. Si vous le permettez, je vais vous le rappeler.

C’est au chapitre 7 de saint Luc, Jean-Baptiste est en prison.

Pendant des mois, Jean se bat. Il arrive dans le désert , prés de la rivière du Jourdain, Dieu lui a confié une mission tellement importante. Préparer l’arrivée du Messie, du Sauveur.
Ah, ce sauveur, comme on l’attend.
Voilà des siècles qu’on lit les prophètes dans les Synagogues, où on rêve de David. Lui, c’était un roi, il avait fait de notre peuple une grande nation. C’est un Sauveur comme lui qu’il nous faudrait.

Maintenant, nous sommes écrasés, qu’est-ce que je dis, humiliés, par les Romains qui occupent le territoire, nous étouffent par leurs soldats et leurs impôts.

Ils nous ont même imposé un roi, Hérode, arrivé au pouvoir à force d’intrigues, un homme corrompu et jaloux.

Je l’ai interpellé : « Quel exemple il donne à notre peuple! Avec ses banquets, son luxe, il a pris la femme de son frère. Est-ce que je pouvais me taire devant ces turpitudes et annoncer le royaume de Dieu en même temps ? Au lieu de m’écouter, il m’a fait jeter en prison. Dieu le punira, je lui ai dit: la hache est déjà au pied de l’arbre. Et tous ces branches pourries seront bientôt abattues et jetées au Feu »

Imaginez la détresse de ce grand prophète. Ce n’est pas tellement le fait d’être enfermé en prison, car il s’en doutait bien que c’était dangereux de s’attaquer à un roi aussi malfaisant, il s’en doute bien que cela finira mal, qu’Hérode finira par lui couper la tête à l’occasion d’une de ses orgies.

Ce qui le tracasse, mais vraiment le fait douter et désespérer, c’est ce qu’on lui raconte.

Deux disciples ont réussi à l’approcher et lui racontent : « Tu sais, Jésus, que tu nous as présenté comme l’agneau de Dieu, tu disais que tu n’étais pas digne de dénouer les sandales de ses pieds, il fait un tas de choses, les gens courent après lui, il guérit des malades, il parle du Royaume de Dieu. Oui, le royaume de Dieu »

– Qu’est-ce qu’il en dit ?

« Oh, c’est beau ce qu’il dit : Bienheureux les doux, bienheureux les pacifiques, heureux ceux qui pleurent car ils vont enfin recevoir une consolation. »

– Oui, oui, je comprends, mais est-ce qu’il va chasser les mauvais ? Écraser les ennemis de Dieu ? Ah mes amis, vous voyez comme je suis troublé. Je me demande si je ne me suis pas trompé. Ce n’est peut-être pas lui le Sauveur. Il va nous laisser dans le désespoir sans rien faire.

Allez lui poser une question, une question importante : « Es-tu celui qui doit venir, ou bien devons-nous en attendre un autre ? »

Les deux disciples s’en vont. Tourmentés eux aussi. C’est terrible pour notre maître Jean. Il a sacrifié toute sa vie en pensant que Jésus allait tout renverser, et maintenant il doute ! Il va mourir pour rien.

Ils arrivent près de Jésus : « Jean le baptiste nous a envoyés vers toi pour te poser une question : Es-tu celui qui vient ou devons-nous en attendre un autre ? »

Que répondre ? Jésus ne répond pas directement. Sans doute qu’il saisit le drame de Jean-Baptiste. Il sent que cet homme tout de feu, ardent envoyé de Dieu, a mis tout son espoir dans un bouleversement du monde. Il attend, il voudrait voir et savoir ce qui se passe.

Lui répondre par un discours ? Lui dire qu’il n’a rien compris ?

« Non, allez plutôt raconter à Jean ce que vous voyez et entendez. »

À ce moment, il guérit beaucoup de leurs maladies et infirmités, et esprits mauvais, et il accorde de voir à beaucoup d’aveugles.

Imaginons encore que Jean dans sa prison a dû méditer longuement ces paroles.

Les aveugles recouvrent la vue. Bien sûr que notre peuple est déboussolé, mais ce ne sont pas les armes qui lui rendront la vue, le mal est bien plus profond.

Les boiteux marchent. Quel est le souhait du Père qui aime tellement tous ses enfants, qu’il y ait encore plus de boiteux et d’estropiés à cause des guerres?

Non, mettons-nous tous au travail pour que chacun puisse marcher librement comme des enfants qui gambadent dans la joie, les lépreux sont purifiés. Les sourds entendent. C’est tout un travail en profondeur qu’il a entrepris.

Oui, il n’est pas venu uniquement pour changer quelques dirigeants corrompus, mais pour redonner à chaque être humain toute sa beauté. L’homme est fait pour entendre, parler, communiquer avec ses amis, il doit pouvoir aller partout sans qu’on le rejette comme un pestiféré ou un lépreux.

Et le dernier mot qu’il m’a transmis : les morts ressuscitent. C’est la vie qui doit triompher partout et non pas la violence et ses cortèges de morts.

Et à la fin, il a ajouté : les pauvres reçoivent la bonne nouvelle. Bien sûr, ce sont eux, ceux qui sont sans défense qui vont recevoir la bonne nouvelle d’un royaume où tous se sentiront à l’aise.

Les pauvres n’auront plus peur des Hérodes qui les jettent en prison.

Au fond, pouvait se dire Jean-Baptiste, j’ai sans doute trop cru que le royaume de Dieu allait ressembler à tous les royaumes de la terre qui sont bâtis sur la force. Celui que Jésus commence est un royaume où tout doit être inspiré par l’amour, le partage, le pardon.

Il ne suffit pas de changer les murs d’une maison, mais de lui faire respirer le bonheur et la bonté.

Je parlais au début de mon ami tracassé à cause de son garçon. Je vais essayer de lui dire ce qui est le plus important : qu’il fasse la même carrière que son remarquable père, ou bien qu’il puisse développer ses propres dons et y trouver le bonheur ?

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Madame Esther

Moi, je fais tout bien, ce n’est pas comme lui !



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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18, 9-14

Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient tous les autres: «Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien et l’autre, publicain. Le pharisien se tenait là et priait en lui-même: “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes: voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine, et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
«Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: “Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis!” Quand ce dernier rentra chez lui, c’est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l’autre. Qui s’élève, sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé.»
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Madame Esther, quand je lis les Évangiles, ce que nous ont raconté Marc Matthieu ou Luc, je suis frappé par les querelles qu’il y a sans cesse entre Jésus et des hommes qu’on appelle pharisiens.
Ces pharisiens, vous les avez bien connus. Je serais heureux de savoir qui ils étaient et pourquoi ils attaquent Jésus à tout moment.

Oh, vous avez bien raison, moi aussi je me suis longtemps demandé : Mais pourquoi ne s’entendent-ils pas?

Les pharisiens ne sont pas si mal que cela. J’ai même entendu dire qu’au début ils voyaient Jésus d’un bon œil. Ils l’invitaient volontiers à leur table.

Ils se sentaient donc tout proches, alors pourquoi ça a mal fini ?

Moi, je ne suis pas une fanatique de la religion, mais ces hommes-là, je les admirais. Quelle fidélité à la Loi de Moise ! Des prières tout au long du jour, une rigueur dans les détails, surtout le jour du sabbat.
Par exemple, ce jour-là, je les voyais marcher, et d’un seul coup, stop, pas un pas de plus c’est interdit par la loi.
Pas question non plus d’allumer du feu. Bref ! Des hommes de Dieu, moi, j’étais loin de suivre leur exemple.

Je reviens à ma question : pourquoi ces querelles avec Jésus ?

Vous avez entendu la petite histoire, la parabole que saint Luc vous a rapportée ? Celle du Pharisien et du publicain. Oui, eh bien vous avez tout compris.

Tout ce que dit le pharisien dans le Temple de Jérusalem est admirable :
« Je jeûne deux fois par semaine, je donne le dixième de mes biens aux pauvres »
Ce n’est pas moi qui ferait ça !

Je comprends de moins en moins. Jésus a l’air de dire que tout cela ne sert à rien, que ce n’est pas cela qui plait à Dieu.

J’ai eu du mal à comprendre moi aussi. C’est Ruben, sans s’en rendre compte qui m’a ouvert les yeux.

Un jour, il arrive à la maison : Cousine Esther, Jésus a encore guéri un aveugle ! C’est formidable, dès qu’il voit un malheureux, cela le retourne. Il ne peut pas supporter de voir des personnes démolies ou mises à l’écart. Je l’ai entendu dire : « j’ai pitié de cette foule »

Tu sais à qui il me fait penser ? à mon oncle Zacharie… quand il va dans son jardin, il est ravi de voir son blé, ses raisins, comme c’est beau. Mais cela le rend malade de voir le mildiou détruire sa vigne ou bien le chiendent qui étouffe les bonnes herbes. Tout de suite il saisit sa rasette ou son pulvérisateur pour tout guérir. Je crois l’entendre dire :  j’ai pitié de mon jardin

– Qu’est-ce que cela à voir avec la parabole de Jésus, du pharisien et du publicain ?

Regardez ce qu’il dit du publicain. C’est un percepteur, un qui ramasse les impôts.
Mal vu, méprisé, un peu voleur sur les bords. Mais il ne se sent pas bien. Et, là, tout au fond du temple derrière un pilier, il dit à Dieu, prends pitié de moi, j’ai besoin de toi, je suis comme une vigne gangrénée par le mildiou, envoie-moi un peu de bouillie bordelaise, sinon je ne m’en sortirai pas.
Celui-là, dit Jésus, je bondis pour le sauver, pour le remettre à flot. Dieu le Père, se réjouit, il peut enfin retaper une plante malade, un homme qui tombait en ruine. Dieu mon Père a pitié de tous qui sont en mauvais état et qui en souffrent.

Et le pharisien ?

Lui, il se sent trop bien : « J’observe la Loi parfaitement. Dieu m’ a donné la Loi au temps de Moïse, je l’observe au pied de la lettre, tout va bien. »

Au fond qu’est-ce qu’il dit à Dieu dans sa prière ? « Tu es bien gentil, mais je n’ai pas besoin de toi, je m’en sortirai tout seul. Je comprends que tu te décarcasses pour ces pauvres types qui crient vers toi, mais ne perds pas ton temps avec moi »

Merci, madame Esther, maintenant je comprends mieux pourquoi ces pharisiens ricanent quand Jésus vient au secours de tous les malheureux.

Vous savez, madame Esther, Les pharisiens, ça existe toujours. Il n’y a pas longtemps j’ai surpris une dame qui regardait de haut avec un sourire supérieur une pauvre femme qui brûlait un cierge à sainte Rita.
Il me semble que Jésus a dit un jour : « je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les malades » ça résume tout.

Vous avez raison. J’ai fait une tournée dernièrement dans votre région et je me suis rendu compte qu’il y avait pas mal de pharisiens modernes parfaits et méprisants envers les petits et les faibles. Mais j’ai aussi vu ceux qui ressemblent à l’oncle Zacharie, sans arrêt avec leur rasette à la main pour aider les malheureux, pour nettoyer le jardin, mettre de l’engrais aux salades, pardon, j’aurais dû dire, des personnes comme Jésus avec un cœur compatissant qui volent au secours de ceux qui crient et n’en peuvent plus.

 

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Madame Esther

Courage, relevez-vous !



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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 5-19

CERTAINS DISCIPLES DE JÉSUS parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche”. Ne marchez pas derrière eux! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.
« Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom.
« Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage. Mettez- vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »
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Luc vous a raconté ce que Jésus a dit ce jour-là ?

J’étais assise sur un rocher avec Suzanna ma voisine, la pauvre tremblait de tous ses membres quand Jésus a commencé à parler.

D’ici, vous voyez le Temple, comme il est magnifique, et bien, je vous dis : des jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre.

Il a continué : des guerres, des désordres, des tremblements de terre, des famines, des épidémies, de grands signes dans le ciel

Suzanna est très sensible, elle s’est mise à trembler quand il a dit : on vous persécutera, on vous fera comparaître devant des rois, vous serez livrés par vos parents, vos amis. 

Vous savez que j’ai déjà vécu longtemps et j’en ai vu des catastrophes et des guerres depuis des siècles, à commencer par la destruction de notre Temple de Jérusalem en l’an 70, mais je l’avoue, j’ai regretté d’avoir amené Suzanna pour écouter Jésus.

D’habitude, ses paroles nous remplissent de joie. Il nous parle de Dieu comme d’un Père, il nous dit de nous aimer les uns les autres. Ce jour-là, il nous a terrifiées.

Moi, J’étais confuse, surtout quand Suzanna m’a dit : Esther, ton prophète, Jésus, il n’est pas mieux que les autres !

Quels autres ?

Ben, les autres prophètes qui parcourent le pays en menaçant : changez de vie, le ciel va vous tomber sur la terre… Ou bien, sortez de chez vous, venez avec moi, je suis le Messie, nous allons nous battre contre les Romains. Ils cherchent tous à nous faire peur.

Ça m’a tracassé toute la nuit.
Je me disais : Ce n’est pas possible ! Jésus n’est pas comme eux, il veut le bonheur de tous les enfants de Dieu.
C’est au matin que j’ai compris. J’avais oublié la fin de son discours.

Devant les rois qui vous persécutent, vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. Pas un cheveu de vote tête ne sera perdu, c’est par votre persévérance que vous garderez votre vie

Voilà. Maintenant, c’est clair. Jésus est réaliste, il sait qu’il y aura toujours des guerres, des méchancetés, les hommes sont méchants. Mais lui, il ajoute toujours : N’ayez pas peur, le mal n‘est pas le plus fort.

Réaliste mais pas fataliste. Les autres disent, rien à faire ! Lui il dit : courage, relevez-vous !

Je suis allée revoir Suzanna :
Ne me dis pas : rien à faire, je suis paralysé pour toute ma vie. On ne peut pas lutter contre le mal.

Confiance, n’aies pas peur. Tu peux surmonter ton mal, tu sais quel est un des grands mots de Jésus ? Lève-toi et marche.  Ne te laisse pas écraser, marche.

Maintenant que je vous ai raconté ce que j’ai vécu ce jour-là, moi, Esther, je vous dis aujourd’hui, ne vous laissez pas écraser, levez-vous !

 

 

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Qui est Jean le Baptiste ?



[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 1-6″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 1-6

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, prince de Galilée, son frère Philippe, prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe: À travers le désert, une voix crie: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux deviendront droits; les routes déformées seront aplanies; et tout homme verra le salut de Dieu.
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Bonjour. Mardi matin, la journée a commencé d’une façon bizarre. Je venais à peine de finir mon café, quand le cousin Georges déboule dans la maison.

– Tu ne sais pas ce que j’ai trouvé ? Un document unique, sensationnel.

– Parle toujours…Il faut vous dire que Georges est un sacré farceur, il a toujours des histoires invraisemblables.

-Eh bien, qu’est-ce que tu as donc trouvé ?

– C’est un vieux document du temps de Jésus Christ. Tout ce qu’il y a de plus authentique. C’est un employé du temple de Jérusalem qui envoie un rapport à son chef, le garde du temple.

– Bon, montre-moi cela. Avec Georges, ce n’est pas la peine de discuter. Voyons ce que raconte ton fameux document.

J’ai lu pour lui faire plaisir en faisant semblant de le croire.

J’avoue que c’est amusant et on a l’impression d’être dans la peau de ceux qui ont vécu autrefois :

Je vais vous le lire. Vous n’êtes pas non plus obligé de croire que ce document est vrai, mais je vous donne un conseil. Si vous voulez du solide, allez relire ce que dit saint Luc au chapitre 3 de son évangile. C’est plus sérieux.

Voyons ce que le cousin Georges a encore inventé. C’est écrit sur une espèce de vieux parchemin…

Monsieur le Chef des gardes du Temple de Jérusalem,

Comme vous me 1’avez demandé, moi votre serviteur Ruben ben Gurion, je suis arrivé au bord de la rivière qui s’appelle Jourdain. Et j’ai commencé à observer.
Je le fais volontiers pour vous, parce que vous m’avez promis une bonne récompense pour aider ma petite famille, les temps sont durs.

C’est bien vrai. Il y a ici une foule qui arrive de tous les côtés. J ‘ai demandé à un homme :
– Qu’est-ce qui se passe ?

– Tu ne vois donc pas, c’est le prophète, c’est lui, Jean, c’est certainement le Messie.

– Cela m’a paru louche. C’est même dangereux. Vous m’avez dit vous-même qu’en ce moment il y a des illuminés qui se prétendent prophètes et qui ameutent les foules.

Je dis à ce monsieur :
– Vous n’allez quand même pas vous exciter parce que ce Jean a une grande barbe et qu’il est vêtu de peaux de bête

Il me regarde comme si je tombais d’une autre planète.

– Regardez comment il vit, ici dans le désert, il se nourrit de rien, de sauterelles, il ne vit que pour Dieu.

– Et d’où sort-il ? Moi aussi, je pourrais dire que je suis prophète

– Justement, il est envoyé par Dieu. Tout le monde le sait. Son papa, Zacharie, a eu une vision dans le temple à Jérusalem un ange lui a annoncé la naissance de son fils.
Et vous qu’est-ce qui vous amène ici, un ange ou un démon ? D’ailleurs, vous n’avez qu’à l’écouter.

– C’est ce que j’ai fait, je me suis approché, discrètement dans la foule au milieu de tous ces fanatiques.
J’avoue que j’ai été surpris. Je pensais que c’étaient tous des miséreux. Quand on a faim, on est prêt à écouter tous les braillards qui promettent une révolution. Je pense à mon neveu qui est au chômage. Ma femme me disait :
– Ah ce bon petit Jonathan, si ton chef pouvait l’embaucher pour les travaux dans le temple.
– C’est sûr que lui aussi irait volontiers écouter Jean. Il est comme tous ceux qui attendent une vie meilleure dans notre pays, ils sont prêts à suivre n’importe quel Messie pour sortir de la pauvreté, même à se battre.

Je disais, il n’y a pas que les malheureux qui sont venus au Jourdain. À côté de moi, il y avait des soldats, oui, des soldats.
Je me suis même dit: Si les soldats commencent à suivre cet homme, nous sommes mal partis. On ne pourra plus contrôler la masse du peuple.
Il y avait aussi des religieux, des pharisiens, qui discutaient entre eux : ce Jean parle bien, disait l’un, mais non, disait l’autre, c’est un dangereux illuminé qui ne connaît pas la Loi de Moïse

J’ai entendu ses prêches. Il n’y va pas de main morte : « Engeance de vipères, qui vous a suggéré de vous soustraire à la colère qui va venir? »
C’est tout dans ce style-là. Je me demandais comment les gens continent à l’écouter.

Est-ce que ça leur plaît de se faire insulter ?

Et puis il injurie notre nation : « Ne dîtes pas, nous sommes les fils d’Abraham, car avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham »

C’est un peu fort ! Est-ce que cela veut dire que Dieu va nous rejeter, , nous les Juifs et faire appel à d’autres peuples ? Vous qui êtes instruit, Maître, vous savez mieux que moi, que les fils d’Abraham, c’est nous et personne d’autre

Je n’ose pas trop continuer parce que ça n’a pas de sens.

Par exemple, il a crié un jour : « Que celui qui a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas. Et que celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même »

Dans la foule, des gens applaudissent. Mais où allons-nous s’il faut tout partager ?
Par exemple, vous, la fortune que vous avez, c’est bien parce que vous l’avez méritée.

Quand il parle aux publicains, les ramasseurs d’impôts, qu’est-ce qu’ils prennent !

« N’exigez rien en plus de ce que devez faire payer »

Là je suis d’accord. J’en ai connu qui ramassaient des impôts pour notre temple et qui en profitaient pour s’enrichir d’une façon scandaleuse.

Ce Jean, il ne manque pas de courage, écoutez ce qu’il disait aux soldats :

« Ne faîtes de violence à personne, n’extorquez rien, et contentez-vous de votre solde »

C’est assez osé, mais il devrait se méfier un peu, parce que les soldats finiront par le rattraper un jour. J’ai aperçu des soldats d’Hérode. Qu’est-ce qu’ils faisaient là. J ‘ai l’impression qu’ils venaient pour espionner.

Voilà ce que j’ai vu et entendu, Maître, et que je vous rapporte fidèlement en pensant à toutes vos bontés envers votre serviteur.

Ah, j’oubliais. Il a dit une chose qui a intrigué beaucoup de personnes.

Mes voisins me disaient : c’est sûr, c’est lui le Messie que nous attendons depuis des siècles.

Mais tout d’un coup, Jean s’est écrié : moi, je vous baptise dans l’eau, mais il vient celui est plus fort que moi

Il y a donc quelqu’un d’autre qui va arriver. Personne n’a rien compris. Il faudra sans doute être vigilant, car les foules sont toujours prêtes à s’enflammer et à suivre des illuminés.

Je comprends qu’avec la garde du temple, vous avez peur qu’il y ait des émeutes et que les Romains en profitent pour nous massacrer. J’espère que mon rapport pourra vous aider.

Pour l’instant, je crois que vous n’avez pas trop à vous tracasser.

Jean n’a demandé à personne de prendre les armes. Tout ce qu’il fait, c’est demander à ceux qui arrivent de changer de vie, de se convertir, comme il dit.
Et en même temps, il les fait descendre dans la rivière, il prend de l’eau et les asperge sur la tête. C’est cela qu’il appelle un baptême de repentir pour la rémission des péchés.
Je ne suis pas assez savant pour comprendre ce que cela veut dire. De toutes façons

il ajoute que celui qui doit venir – on ne sait pas qui – baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Ça, je le comprends encore moins.

Voilà, maître, ce que j’ai pu voir et entendre. Je suis toujours à votre disposition pour vous informer.

Signé : votre serviteur, Ruben ben Gurion.

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Mamie Gisèle

Quel Déluge !



[popup animate= »false » text= »Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 26-37″ color= »default » size= »default »]
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 26-37

Jésus disait à ses disciples: «Ce qui se passera dans les jours du Fils de l’homme ressemblera à ce qui est arrivé dans les jours de Noé. On mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Puis le déluge arriva, qui les a tous fait mourir.
«Ce sera aussi comme dans les jours de Loth: on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait; mais le jour où Loth sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu et de soufre qui les a tous fait mourir; il en sera de même le jour où le Fils de l’homme se révélera. Ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et qui aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis: Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit: l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain: l’une sera prise, l’autre laissée.»
Les disciples lui demandèrent: «Où donc, Seigneur?» Il leur répondit: «Là où il y a un corps, là aussi se rassembleront les vautours.»

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Dieu dit à Noé : Entre dans l’Arche, toi et ta maison, car je t’ai vu juste parmi cette génération _ Genèse 7

L’Arca, l’immense vaisseau géostationnaire, poursuivait sa course silencieuse sur son orbite. Ses habitants regardaient sidérés le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux.

Le passage sur Notre Dame de Paris les avait effrayés, ces gens venus des périphéries qui se battaient sur le parvis, le pillage du centre de la ville….

Plus loin, agonisaient les rares survivants d’Alexandrie. Un couple vietnamien détourna la tête, malgré son impassibilité coutumière, lorsqu’ils survolèrent le Mékong.

Certes, tous remerciaient en eux-mêmes le professeur Nohet de les avoir soustraits à cette folie insensée en les embarquant dans son vaisseau.
Mais ce qu’ils avaient laissé en bas les remplissait d’amertume et de tristesse.

Comment l’humanité avait-elle pu en arriver là ? Un déluge de feu, des destructions, des massacres en série. Les peuples qui se jetaient les uns sur les autres. L’humanité était comme submergée par des eaux noirâtres, personne ne survivrait à un tel cataclysme…

La voix du Maître retentit dans les interphones, voix douce et ferme à la fois, voix de celui qui à temps vu monter la folie des hommes et planifié l’après-déluge.

– Mes enfants, voici quarante jours sidéraux que nous vivons ensemble, quarante Jours qui nous ont permis de comprendre, de méditer où nous conduisait l’égoïsme et la violence.
Hélas, vous avez vu de vos yeux ce qui est advenu. Maintenant, regardez l’avenir. Vous avez refait vos forces, vous vous êtes préparés. Tous ensemble, vous devez rebâtir la terre.

L’heure est venue de repartir chez vous.

-Mais, professeur Nohet, s’écria Aurora, c’est impossible, regarde mon pays, mon cher Pérou. Il ne reste rien.

-Ne crois pas cela, Aurora, regarde bien, vois ces petites plantes d’espoir qui commencent à percer sur les terres dévastées, comme des perce-neiges après l’hiver, comme des rameaux d’olivier qui reverdissent.
Tu les chercheras et tu les aideras à grandir, tous ces humains de bonne volonté qui ont souffert, et qui ont refusé de se joindre à la violence. Retrouve-les, ces colombes de la paix, et ensemble, vous referez un monde meilleur…

-Oui, sans doute, mais nous sommes tellement peu !

-Rassure-toi, je reste avec vous. Dans les moments difficiles, vous regarderez le ciel et vous découvrirez que vous n’êtes pas seuls.

Sur ces paroles énigmatiques, les mille portes de l’Arca s’ouvrirent, les navettes s’élancèrent.
Elles partaient dans tous les sens, survolaient les continents et se posaient sur les terres à remodeler.

La navette 7105 parvint vite à son lieu de destination. Jeanne et Paul en descendirent. Oui, nous sommes bien chez nous, c’est bien notre rue, ce sont bien nos vignes.
Allons, mettons-nous au travail.

C’est alors que Jeanne leva les yeux, la navette repartait dans un sifflement strident.

Et merveille ! Entre la terre et le ciel s’élevaient, majestueuses et réconfortantes, toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Jeanne prit la main de son époux. Non, nous ne sommes pas seuls, non la méchanceté des hommes ne l’emportera pas.

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Madame Esther

Les Dix Lépreux et le gamin


Pour écouter :


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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,11-19.

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent: « Jésus, maître, prends pitié de nous.»
À cette vue, Jésus leur dit: « Allez vous montrer aux prêtres.»
En cours de route, ils furent purifiés.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant: « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés? Les neuf autres, où sont-ils? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu!»
Jésus lui dit: « Relève-toi et va: ta foi t’a sauvé. »

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Madame Esther, vous avez bien connu ce qui se passait au temps de Jésus, n‘est-ce pas ?

J’imagine que ça a dû grincer dans la foule quand Jésus a dit : « Il n’y a eu qu’un étranger pour rendre gloire à Dieu »

Et tous les bons Juifs qui écoutaient ont dû être furieux. Et vous, vous qui êtes une bonne Juive, qu’est-ce que vous avez pensé ?

Ah, ne m’en parlez pas. Déjà quand un Samaritain passe par ici, pas question de lui parler ou de lui donner un verre d’eau. Des hérétiques, des mécréants, des faux croyants. C’est ce qu’on leur dit.

Imaginez un peu la stupeur qui nous a saisis.

D’abord, on a applaudi, moi aussi ! Des lépreux, dix lépreux,  qui sont guéris c’est à ne pas y croire.
Ce Jésus, quel homme !  Vive Jésus, vive le prophète !

Mais tout à coup un gamin a crié : « le dixième, c’est un samaritain, oui, je vous le jure je l’ai reconnu ».

D’un seul coup, changement, retournement. Vous savez comme la foule est… Comment dit-on ? Versatile.

De quoi, de quoi, un samaritain ? Il a guéri un samaritain ? Dieu n’a pas envoyé un prophète pour ces gens-là !

Le comble, c’est quand Jésus a pris la parole :

« Vous voyez, ces 9 bons Juifs, ces hommes qui font partie du peuple de Dieu, où sont-ils ? Ils sont partis en courant à Jérusalem pour avoir un certificat de guérison, mais pas un n’a pensé dire merci à Dieu. Non, ils ne pensaient qu’à eux, à leur papier, pas à Dieu ! »

Et ce mécréant de Samaritain, lui, il est revenu ; il a dit merci. Il aurait pu courir lui aussi trouver les donneurs de papier, il a préféré rencontrer Dieu, le donneur de la Vie.

Moi, Esther, je me suis dit : Jésus, il aurait mieux fait de se taire, il s’est encore mis à dos les responsables. Pire, un tas de Juifs qui le suivaient jusqu’ici ont commencé par se retirer sur la pointe des pieds.

Ils murmuraient entre leurs dents : « Prétendre qu’un étranger vaut mieux que nous, le peuple de Dieu, lui dire, ta foi t’a sauvé ! C’est insensé. »

Avec Ruben, mon cousin, on a réfléchi.

Jésus n’est pas contre la religion de nos ancêtres, mais il nous rappelle que c’est une affaire de cœur plus que de papiers ou de règlements.

J’ai beau faire partie du peuple de Dieu, comme nous disons… J’ai beau respecter les lois que Moise nous a donné.

Si je n’ai pas la charité ça ne sert à rien

Au fond, j’aime mieux ça… On m’a trop souvent dit que Dieu était comme un douanier, toujours à vérifier si mes papiers sont en règle, mais Jésus me montre que Dieu est un Dieu qui aime ses enfants, qui prend pitié d’eux quand ils sont malades.

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Mamie Gisèle

La parabole de la brebis perdue ou le chat perdu



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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-10

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui: «Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux!» Alors Jésus leur dit cette parabole: «Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins; il leur dit: “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue!”
«Je vous le dis: C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
«Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve? Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit: “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue!”
« De même, je vous le dis: Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.»

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Les gens sont méchants.

Hier à une réunion quelqu’un m’a dit :

-Madame, vous êtes bien bête de passer votre temps à saint Vincent de Paul. Je ne vois vraiment pas pourquoi ça vous plait autant. Ces gens-là n’ont qu’à travailler, je suis sur qu’ils ne vous disent même pas merci.

Si ça me plait, bien sûr que ça me rend heureuse.

Tenez, vous savez ce qui est arrivé à ma voisine avant-hier ?

Je vais lui dire bonjour, j’arrive à sa maison et j’entends des cris, des éclats de rire, avec ses copines du quartier quelle joie !

Qu’est-ce qui se passe ? Vous avez gagné le gros lot ?

Mieux que ça, j’ai retrouvé mon chat, c’est Pierrot le petit garçon de Paulette qui l’a retrouvé. Ah c’est formidable !

Le chat, le chat, en moi même je me dis, ce vieux et sale chat, rachitique, à moitié aveugle !

Je sais, je sais, elle y tient à son chat. C’est celui de son mari qui est mort il y a déjà 4 ans.

Cela fait trois jours qu’elle parcourt tout le quartier : vous n’avez pas vu mon chat ?

Oui, le voilà tout mouillé, ébouriffé, du sang sur les poils, les oreilles déchirées par les matous du coin.

Il y avait de quoi rire, tant de peine pour un miséreux chat perdu, mais je n’ai pas ri.

Je ne pouvais pas rire d’un cœur aussi tendre, au contraire.

Il y a des gens qui se donnent bien du mal pour rafler l’argent des pauvres, quitte à les écraser encore plus, mais elle, elle s’est donnée du mal, pour une bestiole qui ne pouvait montrer que sa détresse.

Comme disait le pape François, un cœur miséricordieux, un cœur qui est ému par les miséreux, c’est ce cœur-là qui est dans la joie..

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Madame Esther

Croire ou ne pas croire : Telle est la question !


Pour écouter :


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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (17, 5-10)

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer” ; il vous obéirait.
« Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite à table” ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.” Sera-t- il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : “Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir.” »

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Vous avez entendu ce que les disciples ont demandé à Jésus: « augmente en nous la foi » ?

J’étais là ce jour-là, moi, Esther. À côté de moi, Ruben, mon cousin, était baba.

Il me dit : comme c’est beau, eux aussi, ses disciples, ils voudraient avoir la foi, guérir les malades, leur dire sans hésiter : lève-toi et marche. Ah la foi, c’est formidable…

Bah, Ruben, tu t’emballes toujours. Es-tu sur que les disciples veulent avoir la foi uniquement pour guérir les malheureux ? Ce ne serait pas pour en mettre plein la vue à la foule ? Pour être applaudis : voyez comme ils ont la foi, ils font des choses extraordinaires, il leur suffit d’un mot pour ouvrir les yeux d’un aveugle.

Jésus, quand il rencontre un aveugle, il ne dit pas : venez voir ce que vous allez voir, cet aveugle, je lui rends la vue, approchez mesdames et messieurs.

Non, c’est tout le contraire, regarde le bien, il est tout remué, plein de compassion.

Tu te souviens quand il est venu dans notre village ? Jésus s’est approché du vieux Siméon, le paralysé, il a écarté tout le monde, j’aurais juré qu’il allait pleurer de voir tant de misère.

Et j’ai compris ce que c’est que d’avoir la foi, ce n’est pas avoir un pouvoir magique comme un sorcier, c’est plutôt un cœur qui donne une force incroyable. Rien, aucune maladie ne peut lui résister, oui, j’appelle ça la foi.

Dans la vie, tu en verras des personnes qui ont une foi extraordinaire. J’ai connu un mari qui avait soigné sa femme pendant des années, sans se plaindre ; quel amour, quelle foi ! Tu crois que c’était pour en mettre plein la vue à ses voisins ?

Ruben a compris, je pense, mais il m’a demandé aussitôt :

« Dis-moi, Esther, qu’est-ce qu’il a voulu dire Jésus avec cette histoire du patron qui revient des champs et qui se met à table ? Tranquillement, il dit à ses serviteurs « vous mangerez après quand j’aurai fini ? » Quel égoïste ! Quel exigeant ! Tu ne trouves pas ?, et ses serviteurs qui paraissent  contents de lui passer les plats sans grogner ! »

Mon pauvre Ruben, as-tu entendu ce que je viens de te dire ? Que veulent les disciples quand ils demandent une foi plus grande ? C’est le pouvoir de faire des merveilles afin qu’on les admire. Ils rêvent d’une chose ; être à la place du maître, assis à table et être servis comme des pachas.

Jésus leur dit : soyez plutôt comme des bons serviteurs.

Un bon serviteur, qu’est-ce que c’est ? C’est celui qui bondit quand on a besoin de lui, il se précipite pour rendre service. Il pense d’abord aux autres. C’est cela la foi : voir les autres avec des yeux nouveaux, sans égoïsme.

Cela, tu le vois tous les jours, dans ta maison : qu’est-ce qu’elle fait ta maman quand tu reviens des champs ? Elle voit que tu as faim, que tu es fatigué.

Et qu’est-ce qu’elle te dit : attends un peu, moi, je n’ai pas encore mangé ? Non, elle se précipite, elle bondit pour te donner une galette.

Eh bien, Jésus dit à ceux qui veulent le suivre : Ayez la foi, pensez d’abord à ceux qui ont besoin de vous, n’hésitez pas, n’attendez pas, mettez-vous à leur service. Soyez de bons serviteurs, c’est de cela qu’on a besoin aujourd’hui.

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Madame Esther

Le juge et la veuve


Pour écouter :


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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.”
Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

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Bonjour, c’est moi, Esther, aujourd’hui vous tombez bien. Je vous ai déjà dit que Jésus partait toujours de la vie, pour nous dire comment nous comporter.

Eh bien, c’est exactement ce que j’ai entendu ce matin.

Avec ma copine Elisabeth, on se lamentait en parlant de la vieille Sarah, vous savez la veuve qui se traîne devant le tribunal depuis des années.

Pas de chance de se faire entendre avec le juge, vous le connaissez aussi, lui, ce sont les sous qui l’intéressent. Et Sarah n’est pas intéressante, elle n’a pas un sou pour lui payer des honoraires juteux.

Jésus a dû entendre parler de cette affaire. En deux minutes, plus de cinquante personnes autour de lui quand il a prononcé le mot « juge »

Les uns sourient : qu’est-ce qu’il va leur passer aux juges !
Les autres, ses ennemis tendent l’oreille :  Quelle énormité va-t-il encore sortir ?

Finalement, ceux qui cherchaient la bagarre ont été déçus.

Jésus n’attaque pas le juge.

Oui, dit-il, le juge s’est fait tirer l’oreille, il aurait volontiers envoyé promener la veuve. Mais en fin de compte, il l’écoute et lui rend justice.

C’est qu’il avait quand même un bon cœur, me souffle ma copine, mais non, même pas ; c’est bêtement parce qu’il en a eu marre de voir la veuve à sa porte, de l’entendre gémir et réclamer.
Alors pour avoir la paix, il a sorti le dossier et a réglé le problème tout de suite.

Je viens de vous dire que beaucoup sont partis, assez déçus. Ils attendaient une charge contre les juges, contre les gens de pouvoir, bon, disons-le, ils auraient voulu un vrai Messie révolutionnaire, prêt à tout démolir.

Qu’est-ce qu’il leur a dit à la fin ? Dieu fera justice à ses élus à condition qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils continuent à le supplier, nuit et jour, comme la veuve.

C’est un conseil qui n’a l’air de rien : prier et prier, ne pas perdre confiance.

Au fond, cela demande plus de courage que de pousser des cris de guerre ou d’insulter.

En rentrant à la maison, je trouve mon beau-frère assis sur le banc, la tête sur la table, complètement avachi et découragé. Après la maladie de ma sœur, sa femme, il a commencé par prier, puis il a arrêté, : « à quoi bon »,

Il a cessé d’aller à la synagogue « pourquoi écouter les prophètes ? Ça ne sert à rien »

Puis il a mis le médecin à la porte, il s’est mis à boire, et il est là complètement écroulé.

Ah, je vais lui dire : recommence à prier, je suis sûre que l’espérance reviendra et que tu recommenceras à te battre.

Les derniers mots de Jésus m’ont frappé et je vous les redis à vous qui vivez aujourd’hui : « Le fils de l’homme (c’est lui, Jésus) trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Je vous pose la même question que je me suis posé en ce temps-là : avez-vous la foi, vous qui ne croyez que dans l’argent, dans le plaisir facile, vous qui ne croyez que dans le pouvoir ou la violence, vous qui vous bourrez de drogue, ou tout bêtement comme votre pape l’a dit aux jeunes : « Vous qui confondez le bonheur avec le canapé » ?

 

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Madame Esther

Un percepteur sur un arbre perché !


Pour écouter :


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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,1-10.

Jésus traversait la ville de Jéricho. Or, il y avait un homme du nom de Zachée; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant, et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella: «Zachée, descends vite: aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.» Vite, il descendit, et il reçut Jésus avec joie.Voyant cela, tous récriminaient: «Il est allé loger chez un pécheur.» Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur: «Voilà, Seigneur: je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.»
Alors Jésus dit à son sujet: «Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.»

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Vous me connaissez bien maintenant, vous savez qui je suis, madame Esther, oui, la femme juive qui a bien connu Pierre et Jacques et leur maître Jésus. Je vous le rappelle parce que je risque de vous choquer.

Oui, vous choquer parce que franchement, j’ai souvent été choquée moi-même.

Jésus a quelquefois des attitudes bizarres, il fréquente n’importe qui, des personnes qu’il aurait mieux fait d’écarter de son chemin.

Pourquoi je vous dis cela ? Tenez, ce qu’il a fait à Jéricho, le jour où je suis allée au marché.

Quel monde encore ! Impossible de passer dans la foule. Et voilà qu’un petit bonhomme me bouscule, non mais quel malpoli. En plus, c’est Zachée, je le connais, le percepteur. Vous voyez sa maison, ce n’est pas avec son salaire qu’il a pu se la payer.

Il est chargé de ramasser les impôts, mais il n’a pas perdu son temps le gaillard. Des impôts pour le temple de Jérusalem, bon d’accord, des impôts pour les Romains ça fait de lui un collaborateur de l’ennemi. Et des impôts qui s’égarent discrètement dans sa poche. Non, on ne les aime pas ces gens-là. Vraiment, il n’a rien à faire ici, on dirait qu’il veut voir Jésus.

Tout à coup, mes voisins éclatent de rire ; vous vous rendez compte, ce notable, ce richard, qui grimpe sur un arbre, un sycomore, et qui se tord le cou pour voir Jésus qui passe en dessous.

Qu’est-ce qui lui prend ? Il est trop petit ; c’est pour cela qu’il a grimpé ; c’est ridicule.

Mon cousin Ruben me dit « regarde, Jésus s’arrête, il va passer un de ces sermons à ce voleur, comme les prophètes » tout le monde s’apprête à applaudir.

En fait d’applaudissements, c’est la stupeur ;

Je vous disais que j’ai vraiment été choquée. Écoutez ce qu’il a dit : « Zachée, descends de ton arbre, je vais aller manger chez toi. »

Ruben tombe des nues. Un prophète qui mange chez un pécheur notoire, qui va se souiller avec le déshonneur de notre peuple. Non, cousine Esther, ce n’est pas possible.

Moi, je suis partie, j’en avais vu assez. J’avais cru en Jésus, je me disais, cet homme-là peut sauver notre peuple, redonner vie à notre religion, mais c’est tout le contraire, c’est comme s’il disait : Zachée, continue à voler, ce n’est pas grave. Paie-moi un bon banquet et je te laisse tranquille.

C’est le soir, à la maison que j’ai un peu changée, à cause de Ruben.

Il m’a raconté ce qui s’est passé. Bien sûr que beaucoup de gens murmuraient, mais tout d’un coup au milieu du repas, c’est ce qu’on m’a dit : Zachée s’est levé, ça été comme un coup de tonnerre, incroyable.

« Les pauvres, je vais les aider, ceux à qui j’ai fait du tort, je vais leur rendre bien plus que ce qu’ils ont perdu »

Le plus incroyable c’est ce que Jésus a ajouté : « Cet homme que vous avez mis au ban de la société, lui que vous avez rejeté, lui aussi est fils d’Abraham »
On s’est tous regardés ahuris.

Qu’est-ce qu’il a voulu dire ?

Tu veux savoir ce que je pense, cousine Esther ? C’est que moi, j’aurais dit à Zachée : tu n’es plus bon à rien, tu n’es qu’un voyou. Et je l’aurais mis à la porte.

Jésus fait le contraire. Il ne résout pas les problèmes par la force, en tapant sur les délinquants, il essaie de les transformer par la douceur, en parlant avec eux. Il leur fait confiance.

« Zachée, je sais qui tu es, je sais ce qu’on dit de toi. Mais il y a encore du bon en toi, mangeons ensemble, je ne te rejette pas.
Tu étais perdu, je te sauve. Je ne te mets pas dehors, viens avec nous. Tu as fait du mal aux autres, tu peux maintenant faire tellement de bien. »