Le juge et la veuve



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8.

Bonjour, c’est moi, Esther, aujourd’hui vous tombez bien. Je vous ai déjà dit que Jésus partait toujours de la vie, pour nous dire comment nous comporter.

Eh bien, c’est exactement ce que j’ai entendu ce matin.

Avec ma copine Elisabeth, on se lamentait en parlant de la vieille Sarah, vous savez la veuve qui se traîne devant le tribunal depuis des années.

Pas de chance de se faire entendre avec le juge, vous le connaissez aussi, lui, ce sont les sous qui l’intéressent. Et Sarah n’est pas intéressante, elle n’a pas un sou pour lui payer des honoraires juteux.

Jésus a dû entendre parler de cette affaire. En deux minutes, plus de cinquante personnes autour de lui quand il a prononcé le mot « juge »

Les uns sourient : qu’est-ce qu’il va leur passer aux juges !
Les autres, ses ennemis tendent l’oreille :  Quelle énormité va-t-il encore sortir ?

Finalement, ceux qui cherchaient la bagarre ont été déçus.

Jésus n’attaque pas le juge.

Oui, dit-il, le juge s’est fait tirer l’oreille, il aurait volontiers envoyé promener la veuve. Mais en fin de compte, il l’écoute et lui rend justice.

C’est qu’il avait quand même un bon cœur, me souffle ma copine, mais non, même pas ; c’est bêtement parce qu’il en a eu marre de voir la veuve à sa porte, de l’entendre gémir et réclamer.
Alors pour avoir la paix, il a sorti le dossier et a réglé le problème tout de suite.

Je viens de vous dire que beaucoup sont partis, assez déçus. Ils attendaient une charge contre les juges, contre les gens de pouvoir, bon, disons-le, ils auraient voulu un vrai Messie révolutionnaire, prêt à tout démolir.

Qu’est-ce qu’il leur a dit à la fin ? Dieu fera justice à ses élus à condition qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils continuent à le supplier, nuit et jour, comme la veuve.

C’est un conseil qui n’a l’air de rien : prier et prier, ne pas perdre confiance.

Au fond, cela demande plus de courage que de pousser des cris de guerre ou d’insulter.

En rentrant à la maison, je trouve mon beau-frère assis sur le banc, la tête sur la table, complètement avachi et découragé. Après la maladie de ma sœur, sa femme, il a commencé par prier, puis il a arrêté, : « à quoi bon »,

Il a cessé d’aller à la synagogue « pourquoi écouter les prophètes ? Ça ne sert à rien »

Puis il a mis le médecin à la porte, il s’est mis à boire, et il est là complètement écroulé.

Ah, je vais lui dire : recommence à prier, je suis sûre que l’espérance reviendra et que tu recommenceras à te battre.

Les derniers mots de Jésus m’ont frappé et je vous les redis à vous qui vivez aujourd’hui : « Le fils de l’homme (c’est lui, Jésus) trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Je vous pose la même question que je me suis posé en ce temps-là : avez-vous la foi, vous qui ne croyez que dans l’argent, dans le plaisir facile, vous qui ne croyez que dans le pouvoir ou la violence, vous qui vous bourrez de drogue, ou tout bêtement comme votre pape l’a dit aux jeunes : « Vous qui confondez le bonheur avec le canapé » ?

 

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