Les Dix Lépreux et le gamin



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,11-19.

Madame Esther, vous avez bien connu ce qui se passait au temps de Jésus, n‘est-ce pas ?

J’imagine que ça a dû grincer dans la foule quand Jésus a dit : « Il n’y a eu qu’un étranger pour rendre gloire à Dieu »

Et tous les bons Juifs qui écoutaient ont dû être furieux. Et vous, vous qui êtes une bonne Juive, qu’est-ce que vous avez pensé ?

Ah, ne m’en parlez pas. Déjà quand un Samaritain passe par ici, pas question de lui parler ou de lui donner un verre d’eau. Des hérétiques, des mécréants, des faux croyants. C’est ce qu’on leur dit.

Imaginez un peu la stupeur qui nous a saisis.

D’abord, on a applaudi, moi aussi ! Des lépreux, dix lépreux,  qui sont guéris c’est à ne pas y croire.
Ce Jésus, quel homme !  Vive Jésus, vive le prophète !

Mais tout à coup un gamin a crié : « le dixième, c’est un samaritain, oui, je vous le jure je l’ai reconnu ».

D’un seul coup, changement, retournement. Vous savez comme la foule est… Comment dit-on ? Versatile.

De quoi, de quoi, un samaritain ? Il a guéri un samaritain ? Dieu n’a pas envoyé un prophète pour ces gens-là !

Le comble, c’est quand Jésus a pris la parole :

« Vous voyez, ces 9 bons Juifs, ces hommes qui font partie du peuple de Dieu, où sont-ils ? Ils sont partis en courant à Jérusalem pour avoir un certificat de guérison, mais pas un n’a pensé dire merci à Dieu. Non, ils ne pensaient qu’à eux, à leur papier, pas à Dieu ! »

Et ce mécréant de Samaritain, lui, il est revenu ; il a dit merci. Il aurait pu courir lui aussi trouver les donneurs de papier, il a préféré rencontrer Dieu, le donneur de la Vie.

Moi, Esther, je me suis dit : Jésus, il aurait mieux fait de se taire, il s’est encore mis à dos les responsables. Pire, un tas de Juifs qui le suivaient jusqu’ici ont commencé par se retirer sur la pointe des pieds.

Ils murmuraient entre leurs dents : « Prétendre qu’un étranger vaut mieux que nous, le peuple de Dieu, lui dire, ta foi t’a sauvé ! C’est insensé. »

Avec Ruben, mon cousin, on a réfléchi.

Jésus n’est pas contre la religion de nos ancêtres, mais il nous rappelle que c’est une affaire de cœur plus que de papiers ou de règlements.

J’ai beau faire partie du peuple de Dieu, comme nous disons… J’ai beau respecter les lois que Moise nous a donné.

Si je n’ai pas la charité ça ne sert à rien

Au fond, j’aime mieux ça… On m’a trop souvent dit que Dieu était comme un douanier, toujours à vérifier si mes papiers sont en règle, mais Jésus me montre que Dieu est un Dieu qui aime ses enfants, qui prend pitié d’eux quand ils sont malades.

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