Le petit vendeur de pains



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 1-15

Esther : Vous ne connaissez pas Jonathan vous savez le jeune garçon qui vend des pains sur la route ?

Un garçon courageux, écoutez ce qu’il me disait, il y a huit jours

Jonathan :  Madame Esther, vous, je vous aime bien mais les copains ne sont pas toujours gentils. Ils se moquent de moi : dis-nous combien tu as vendu de tes pains moisis ?
Ou bien ils me disent : ta maman elle ne t’aime pas, elle ferait mieux de t’acheter des sandales avec des semelles sans trous.

C’est pas vrai, ma maman elle va m’en acheter dès qu’elle pourra, parce qu’elle a bien du mal surtout depuis que mon papa est mort.

C’est pour ça que je vais vendre les galettes que ma maman a faites ce matin. Et puis monsieur André va me donner des petits poissons pour les vendre

Ah si tout le monde était comme monsieur André, c’est un pécheur du lac, lui, il ne me méprise pas, au contraire.

Depuis quelques mois il est encore plus bon je ne sais pas pourquoi ?

Esther : Ce matin je te trouve tout souriant, rayonnant. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Jonathan :   C’est monsieur André. Hier il m’a dit : « Jonathan, viens dans les collines, tu verras, il va venir un monde fou. Tu pourras faire de bonnes affaires ?

Esther :  Et alors, tu as bien vendu ?

Jonathan   Et bien, madame Esther, si vous aviez vu. Des gens il en venait de partout, de Jéricho, de Bethanie, de Hebron. Comme elle va être contente ma maman avec tout ce que je vais vendre.

Monsieur André, est-ce que je peux commencer ?

Chut, attends un peu, écoute ce que dit Jésus.

Ce monsieur Jésus, il était là au milieu et tout le monde l’écoutait. C’est beau ce qu’il disait, il y avait là tant de pauvres gens, jamais on ne leur avait parlé comme ça. Moi je ne comprenais pas tout et puis ma corbeille était toujours pleine.

C’est seulement vers le soir que j’ai repris espoir.

Monsieur Jésus a arrêté de parler et il a dit à ses amis : « il se fait tard et j’ai pitié de cette foule qui n’a rien à manger »

Un grand costaud, il s’appelle Pierre qu’on m’a dit, a répondu : Tu as raison, il faut les renvoyer tout de suite, ils ont le temps d’aller dans les villages pour acheter ce qu’il leur faut.

A ce moment, je me suis écarté quand j’ai vu comment le Pierre s’est fait rabrouer. « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » C’était sec.

Monsieur André, lui, il a essayé de ramener la paix « Regarde Seigneur – il l’appelait Seigneur d’une voix douce et pleine de respect – Seigneur, il y a ici un jeune garçon, il a quelques pains et des poissons »

Vous avez compris, c’était moi.

Les autres se sont mis à rire : Qu’est-ce que tu veux faire avec sept poissons pour une foule pareille ?

Après je ne sais plus bien ce qui s’est passé. J’ai donné ma corbeille de pain tout en me disant : « ma maman elle ne va pas être contente ».

J’étais comme perdu, j’ai entendu un remue-ménage, des cris de joie et monsieur André qui m’appelle :

« Jonathan viens donc nous donner un coup de main. Prends une corbeille, tu vas aller distribuer à manger au groupe qui est là-bas, près du rocher. »

Jésus nous a dit de les faire asseoir par paquets, je pense que c’est un bon moyen pour éviter les resquilleurs et surtout pour n’oublier personne »

Au fond, j’étais fier, les gens me souriaient, ils me disaient : « merci, mon petit Jonathan, ou bien : tu n’aurais pas encore un petit morceau pour grand-mère ? »

Vous vous rendez compte, me demander ça à moi ?

Après, et bien après, il en restait une bonne quantité.

Monsieur André me dit : Jonathan, pourquoi tu n’emporterais pas trois ou quatre corbeilles pour ta maman et tes petits frères ?

Et pour ma petite sœur aussi ?

Mais bien sûr !

Monsieur André, pourquoi il fait tout ça, monsieur Jésus ? C’est pour devenir leur chef ?

Mais Jonathan, ne dis pas de bêtises. Tu n’as pas entendu ce qu’il a dit :

Venez à moi, vous qui souffrez, mon Père souffre de voir tant de ses enfants qui sont malheureux, des aveugles, des boiteux, des méprisés.

Il a dit aussi, tu l’as peut-être entendu : J’ai pitié de cette foule

Et vous, Madame Esther, qu’est-ce que vous en pensez ? C’est vrai ce qu’il dit ?

Esther : C’est tellement vrai et tellement important que nous devons tous faire pareil avoir pitié de ceux qui sont trop écrasés par la vie, leur venir en aide

Jonathan : Chic alors. Peut-être que quelqu’un va me donner une paire de sandales, sans trous !

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