Conte de Noël : Les visiteurs de Mr Jeremias



 

Mr Jeremias est un homme bien.
Quand il passe dans la rue tout le monde s’incline.
Son auberge est vaste et confortable.
Ses enfants sont bien élevés dans la saine tradition de nos pères.
Mr Jeremias est très religieux, il va souvent à la synagogue écouter la lecture des prophètes. Il donne pour les pauvres.
Mais aujourd’hui, quelque chose le tracasse, il se lamente, il gémit.

Seigneur, je fais tout ce qui est écrit dans la Loi de notre prophète Moise, je chante les psaumes avec la chorale, je fais ta louange tous les jours, mais, mais, pardonne-moi ce que je voudrais te dire  oh Seigneur.

Je voudrais te rencontrer, te voir, parler un peu avec toi. Je le mérite bien n’est-ce pas ?
Juste une minute, comme avec un ami.

Soudain une voix tombe du ciel: Tu as raison, Jeremias, tu l’as bien mérité. Patience, demain je viens chez toi.. Prépare-toi à me recevoir.

Quelle joie, quelle faveur, mon Seigneur vous allez venir chez moi ? Quand je vais raconter cela à ma femme et à mes voisins ..

Le lendemain tout est prêt, la maison balayée, nettoyée, des fleurs sur la table, un chevreau mijote dans le four, avec du miel et des dattes toutes fraiches. Jeremias s’est surpassé, tout est prêt.

Tu peux venir oh Seigneur,  ton serviteur t’attend.

Oh merveille, il frappe à la porte, c’est lui ? Non, qui c’est ? Une espèce de journalier avec ses mains rugueuses, qu’est-ce qu’il veut ?

Ah, c’est embêtant, excusez-moi, brave homme mais j’attends une visite importante, revenez demain matin, s’il vous plait.

C’est vrai, Moise nous dit qu’il faut aider les pauvres, mais aujourd’hui, je ne peux quand même pas faire affront à Dieu, lui dire, « un instant , je donne un bout de pain à ce vieux et je suis à toi. »
Oui, j’ai bien fait de le mettre dehors.

Bon, qui frappe encore à la porte?  Une femme, belle, mais elle a l’air fatiguée.
Elle me supplie : Laissez moi me reposer un moment dans votre belle maison.

– Justement, madame, ma maison, je viens de l’astiquer pour une visite importante, vous savez ce que c’est quand on entre avec des chaussures toutes sales.
Je ne vous mets pas dehors, pardonnez-moi, mais vous me comprenez, si Dieu remarque vos traces de pas, qu’est-ce qu’il va penser de moi ?

Que je le reçois comme un malpropre ?
Allez plutôt chez le voisin, il y aura peut-être de la place pour vous.

Les heures passent, le jour avance, le soir tombe, rien, rien, pas de visite de Dieu.
Mais qu’est-ce qu’il fait ? il m’avait promis, ah si on ne peut même plus se fier aux promesses de Dieu. C’est tout comme les politiques avec leurs promesses.

La nuit est tombée, les bougies sont allumées.  Jeremias, vexé, bougon, grogne, peste, murmure.

Tout à coup, un courant d’air, Jeremias se retourne.
Qui va là ?

Ne crains pas, Jeremias, c’est moi ton Dieu, je suis là.

Ah il était temps, je commençais à me dire..

 A te dire quoi ? que je ne ne suis pas venu. ? mais mon bon Jeremias, ouvre les yeux, je suis venu, oui, je suis venu, mais tu ne m’as pas reconnu; lui, Joseph venu de Nazareth,  en  recherche d’une auberge pour Jésus qui allait naitre; et la femme,  sais-tu qui elle est ? Marie,  que tu as renvoyée malgré sa fatigue.  Tu sais où elle a abouti, par ta faute ? Dans une étable, c’est là qu’est venu son fils Jésus.
Eux, le bœuf et l’âne l’ont bien accueilli.

Ah, Seigneur, si j’avais su ! Dans une étable ? ce n’est pas possible ! Comment j’ai pu faire ça ?

 Eh oui, Jeremias ! Change tes yeux. Moi, Dieu je ne suis pas comme tu penses. Je ne réclame pas des palais ni de beaux habits. Si tu veux me voir, viens chez les plus petits, c’est là que je veux être.

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